| Aneth | Arec et Betel | Assa foetida | Basilic | Cannelle | Cannelle de Chine | Capres | Céleri | Ciboulette | Citron | Cola |
| Coriandre | Estragon | Fenouil | Figue | Gingembre |Ginseng |Girofle | Grenade | Jujube | Lavande |Lotus | Marjolaine |
|Mastic / Mastika | Menthe | Moutarde | Muscade / Macis | Ortie | Persil | Pignons | Piment / Paprika | Pistache | Poivre |
|Pomme | Raifort | Réglisse | Romarin | Rose | Safran | Sarriette | Sauge | Sésame | Thym | Tomate | Vanille |

Aneth
Les Russes le considèrent comme un aphrodisiaque et on raconte que les innombrables femmes qui voulaient séduire Raspoutine mettaient des graines d'aneth dans leur bain.
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Arec et Betel
On dit en Inde qu'elle est aphrodisiaque et souligne la beauté des femmes! La Haritasamhita la qualifie de " aphrodisiaque, purifiante, éclaircissante de la voix, bonne pour la gorge, appétissante, pectorale. " La boîte à betel est un des attributs de Devi, la Déesse, le Principe féminin. Cette boîte est souvent figurée sous une forme cylindrique avec un couvercle au bout pointu et relève d'un symbolisme érotique.
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Assa foetida
Certaines castes de brahmanes très orthodoxes, ainsi que les Jaïns, mais aussi les veuves, toutes catégories de personnes dont les sens ne doivent pas être éveillés, l'utilisent à la place de l'ail et de l'oignon omniprésents dans la cuisine indienne, mais qu'ils jugent trop excitants. Dans le même sens, un médecin d'Edimbourg prescrivait en 1910 " des cures d'assa foetida pour guérir les adolescents de la " dangereuse manie masturbatoire ". Ce qui peut sembler assez paradoxal au premier abord puisque dans certaines de ces utilisations, l'assa foetida est considérée comme aphrodisiaque.
Il est amusant de noter que si les Grecs et les Romains avaient appris à connaître des Indiens les qualités antispasmodiques de l'assa foetida, ils s'intéressaient surtout à de supposées propriétés aphrodisiaques. C'est aussi la raison pour laquelle l'assa foetida presque oubliée aujourd'hui de nos jours, était achetée à prix d'or par les Croisés.
Dans la médecine tibétaine qui a intégré l'Ayurveda indien et la médecine savante chinoise, l'assa foetida appelée ching-kun est également considérée comme aphrodisiaque. Généralement administrée dans du lait, c'est le remède le plus courant contre l'impuissance. De nombreuses maladies mentales peuvent être selon la théorie tibétaine traitées et guéries par l'activité sexuelle. Et par ailleurs de nombreuses perturbations sexuelles comme l'impuissance, la frigidité, la stérilité, le manque de désir peuvent avoir de nombreuses causes: sentiments négatifs (haine, avidité, ignorance, jalousie), maladies organiques et mentales.
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Basilic
Au Portugal, dans la région centrale, les fiancés s'offraient basilic et oeillet en signe d'accord mutuel. A Haïti, il entre dans les rites de vaudou où il est associé à Maîtresse Erzulie, déesse de l'amour. Le basilic entre dans la fabrication de nombreuses amulettes et charmes d'amour. En Provence, on fabriquait un philtre d'amour avec de l'alcool, du basilic, des racines de céleri et de serpentaire, de l'huile de cumin et des sécrétions humaines.
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Cannelle
La rareté, la nouveauté, l’origine incertaine et mystérieuse de la cannelle a certainement joué comme pour beaucoup d’autres épices à sa réputation en ce domaine. Cannelle et cannelle de Chine étaient considérées comme de puissants aphrodisiaques par les Anciens.
Les Romains ornaient les temples de Vénus Libentina, la déesse du plaisir charnel, de guirlandes de fleurs de cannelier.
Avant d'être présentée à Assuerus, le roi de Perse, la Juive Edissa, devenue par la suite l'Esther de la Bible, dut se plier à deux rites de purification et de préparation aux ivresses de l'amour: six mois d'étuves parumées, de massages et d'onctions à l'huile de myrrhe, puis six mois de fumigations au styrax, au safran, au nard, à l'oliban et à la cinnamome, avant d'avoir l'honneur de partager la couche royale.
Au Moyen Age, la cannelle a été introduite dans des élixirs, des philtres, des vins aromatisés et utilisée à des fins magiques dans des charmes d’amour et de retour d’affection.
Willy Passini fait remarquer que « certaines recettes laissent penser que plus la préparation était compliquée, plus l’aphrodisiaque était efficace » et il cite une recette dans son ouvrage Nourriture § Amour: : « Un exemple? Prenez des oignons blancs frais, des racines de « testicules de renard » (une once et demi), de la cervelle de moineau (une once), de l’encens, de la cannelle. Pilez les oignons et les champignons jusqu’à obtention d’une pâte que vous passerez au tamis avec la cervelle de moineau. Ajoutez la fine poudre d’encens et de cannelle à la pulpe ainsi obtenue, faites-en des pilules de la taille d’un pois chiche. Vous en prendrez sept avec un bon verre de vin pour ranimer admirablement le coït et les parties génitales".
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Cannelle de Chine
La casse comme la cannnelle vraie étaient considérées comme de puissants aphrodisiaqes par les Anciens. D'après les Psaumes, le roi David pour plaire à ses dames d'honneur se faisait oindre "d'une huile d'allégresse et parfumait ses vêtements de myrrhe, d'aloès et de casse." Quand il fut séduit par la beauté de Bethsabée qui se baignait, il envoya la chercher et elle ne repartit qu'après s'être purifiée dans un bain très parfumé. Ezechiel et Jérémie dénonçèrent l'excès des parfums qui dissimulaient le péché de chair.
Amour et parfum ont toujours été étroitement liés. La femme égyptienne pour plaire à son mari inondait ses vêtements de parfum et portait des petits sachets de poudre et de graines aromatiques qu'elle mêlait à ses colliers. De nombreux poèmes d'amour témoignent de l'importance des parfums et de leur rôle aphrodisiaque:

Je te laisse voir ma beauté
dans une tunique de lin royal le plus fin
Imprégnée d'essences balsamiques
Et trempée d'essences parfumées

Un jeune homme ordonne à son serviteur de mettre des draps parfumés et parle de sa bien-aimée:

Lorsque je la prends entre mes bras
Et que ses bras m'enlacent
C'est comme au pays de Pount
C'est comme avoir le corps imprégné d'huile parfumée.

Chez les Mésopotamiens, pour sceller des fiançailles, le futur époux devait verser du parfum sur la tête de la jeune fille. Le mari se devait de fournir des parfums à sa femme tout au long de sa vie comme marque d'amour et comme rite de purification. Après des relatons sexuelles, les époux se versaient de l'encens sur tout le corps, puis se purifiaient en faisant brûler des parfums près d'eux.
On lit dans les épigrammes de Martial et d'autres auteurs que le parfumeur Niceros se vantait de ses préparations qui "rendaient le lit heureux et alimentaient la lampe." Ses concurrents comme Cinnamus et Entrapellus s'enorgueillisaient de leurs parfums à la casse et au lierre. Leurs produits parfumés aphrodisiaques se présentaient sous diverses formes: liquide, semi-liquide, pâteuse, en pastilles ou en poudre.
Sur beaucoup de vases peints à partir du 5e siècle avant note ère, on voit représentée la femme à sa toilette. Un Eros ailé, symbole de l'amour, y est repésenté versant de l'huile sur une baigneuse nue, volant au-dessus de la vasque en tendant une couronne de fleurs, ou lui tendant un miroir. Sur les fresques de Pompéi, dans la maison des Vettii, ce sont encore des Eros qui mélangent au mortier l'excipient et l'aromate à proximité des foyers où on prépare l'huile odorante, tandis qu'une femme teste un parfum. Dans une autre fresque c'est aussi un Eros qui agite le contenu d'un vase tandis qu'une femme se fait oindre le bras d'onguent.
Au Moyen Age, la casse comme la cannelle entrait dans la composition de vins aromatisés, d'élixirs et de philtres d'amour, de charmes, de parfums irrésistibles.
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Capres
La réputation d'aphrodisiaque de la câpre ne date pas d'hier. C'est la Bible qui en fait la mention la première dans l'Ecclésiaste. Pour profiter de ses vertus, il était généralement conseillé de boire la racine séchée en infusion avec du miel.
Le vieux proverbe " Quand la câpre n'agit plus, l'homme doit renoncer à Vénus " est on ne peut plus explicite.
Selon une croyance italienne originaire des Pouilles, manger des câpres crues pendant la messe de la Pentecôte remédie à l'impuissance masculine.
La racine séchée était utilisée pour des charmes d'amour.
Un jeune homme qui gravera avec un canif volé le nom de la jeune fille qu'il convoite sera assuré d'être aimé en retour.
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Céleri
La réputation d'aphrodisiaque que l'on attribue ici ou ailleurs au céleri est probablement du à son goût piquant. " Le céleri rend vigueur aux vieux maris ", disait-on autrefois. Un autre dicton proclame:

" Si l'homme savait l'effet du céleri,
Il en remplirait son courtil? "

On racontait aussi que les sorcières mangeaient ses feuilles pour s'envoler sur leurs balais et se rendre à leur sabbat.
Nostradamus conseille le céleri aux femmes frigides: " Si le mari trouve que sa femme est de complexion froide et ne se plaît au déduit, qu'il lui fasse mmanger des couillons d'oie et le ventre de lièvre, assaisonnés de fines épices, et de temps en temps, des salades àù il y ait beaucoup de roquette, de satirion et du céleri avec du vinaigre rosat. Car comme le fait remarquer le même Nostradamus: "Il ne suffit pas à l'homme de se faire aimer passagèrement, il faut que cela continue et que l'amour soit indissoluble; et, par ainsi, il a besoin d'avoir des secrets pour engager la femme à ne point changer ou diminuer son amour."
Madame de Pompadour que le roi considérait " froide comme une macreuse ", se faisait servir au déjeuner un potage de céleri, une poignée de truffes et du chocolat à l'ambre et à la vanille dans l'espoir de combattre sa frigidité . Casanova n'avait certes pas le même problème, mais avait recours aux mêmes produits pour s'échauffer le sang et se faisait préparer des salades de truffes et de céleri ainsi que du chocolat. Du 16e au 18e siècle, le céleri confit avait une solide réputation et était très apprécié. Dans nos campagnes, le vin de céleri, obtenu en faisant macérer dans un bon vin blanc une tête de céleri broyée avec du sucre n'avait pas qu'une réputation de diurétique, les messieurs y avaient volontiers recours comme "remontant", pour trouver une seconde jeunesse.
Aujourd'hui, on tente tant bien que mal de rationaliser et certains expliquent ces croyances par le fait que le céleri contient un taux élevé de vitamine E, facteur d'équilibre des fonctions sexuelles.
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Ciboule / Ciboulette
Pour les Chinois cela ne semble pas faire le moindre doute. elles tonifient le yang, réchauffent les reins, et donc sont aphrodisiaques. Ainsi contre l'éjaculation précoce et la pollution nocturne il est conseillé de déguster des rognons de porc sautés à la ciboulette chinoise. Contre l'impuissance, pour amplifier les érections, et faciliter la rétention du sperme ce qui nourrit la vitalité du mâle, il est recommandé de déguster des crevettes à la ciboulette chinoise, du foie de mouton à la ciboulette, ou de l'omelette à la ciboulette. Par contre, elles sont déconseillées aux hommes jeunes dont le yang surabonde et qui risquent une déficience en yin. Les crevettes sautées à la ciboulette sont indiquées contre la stérilité féminine, due à un " refroidissement de l'utérus ".
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Citron
En Asie du sud-est, les feuilles de citron séchées sont utilisées pour faire des thés aphrodisiaques, alors qu’ailleurs elles servent à faire des charmes d’amour. Les Birmans font brûler des citrons confits avec de l’encens pour créer une ambiance propre aux jeux de l’amour.
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Cola
La noix de cola est considérée comme aphrodisiaque. Elle est à l'Afrique ce qu'est le ginseng à l'Asie. C'est aussi en tant que telle qu'elle est de plus en plus présente, en extraits ou en gélules dans les présentoirs de nos pharmacies.
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Coriandre
Elle entra au Moyen Age dans la composition de toutes sortes de vins aromatisés, de philtres d'amour et de charmes pour le retour d'affection aussi bien chez nous que dans les pays arabes comme en témoigne par exemple Les Mille et une nuits.
Certains médecins la considéraient un aphrodisiaque, alors que pour d'autres, c'était tout le contraire, elle était tempérante.
Dans son recueil de contes posthume Sous le soleil jaguar, Italo Calvino raconte l'éveil des sens d'un Italien et de son amie, Olivia, en voyage au Mexique. Dans ce récit où la sensualité de la table et celle de l'érotisme se mêlent constamment, le narrateur écrit qu'un seul brin dans la bouche suffit pour transmettre au nez " une commotion légèrement piquante, comme une impalpable ébriété... " quand Olivia essaie d'identifier dans un plat mexicain l'arôme des feuilles de coriandre qui lui est inconnu. Mais on voit dans la suite du récit que le courant érotique reste dans le domaine culinaire. " Les premiers jours _ écrit le narrateur _ je m'attendais à ce que l'excitation du palais se communiquât rapidement à tous nos sens. Je me trompais cette cuisine était certainement aphrodisiaque, mais en elle-même et pour elle-même... c'est-à-dire qu'elle stimulait des désirs qui cherchaient des satisfactions uniquement dans le domaine des sensations qui les avaient fait naître... "
Aphrodisiaque ou pas, le coriandre entre dans la composition de parfums très épicés qui se veulent érotiques. Comme le Septième Sens de Sonya Rykiel " le parfum de celles qui vivent leurs passions ", à base de coriandre, de cardamome, de girofle, de vanille, d'ambre et de musc, d'angélique, de fruits et fleurs. " Coriandre " de Jean Couturier présenté à sa sortie comme " Le parfum qui fait s'interroger sur la valeur d'une civilisation " est sorti en 1973 avec une publicité pleine de sous-entendus sado-maso. On voyait une femme impassible, immobilisée sur sa chaise, le chemisier arraché, " blessée peut-être mais triomphante ". Coriandre encore dans Kouros de Saint Laurent, Balahé ou K.L. de Lagerfeld.
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Estragon
Dans les pays arabes, il est réputé aphrodisiaque et employé dans des philtres d'amour. Certaines tribus d'Indiens d'Amérique se frottaient le corps de suc d'estragon dans l'espoir de voir tomber à leurs pieds les membres du sexe opposé.
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Fenouil
La fenouillette, eau de vie de fleurs de fenouil, aurait eu la réputation d'être aphrodisiaque, ce qui éclaire cette anecdote que Mme de Sévigné rapporte dans sa correspondance: "Mme de Thianges, lorsqu'elle eut renoncé aux joies de ce monde, cacha sa gorge et ne se mit plus de rouge aux joues. L'autre jour je me trouvais à table à côté d'elle à dîner. Un laquais lui présenta un verre de fenouillette qu'elle refusa et et elle dit " Madame ce garçon ne sait pas que je suis dévote! "

" Quand la chimie de la cuisine et la chimie des convives se rencontrent, manger en compagnie, devient en soi, un aphrodisiaque puissant ", écrit fort justement Willy Passini dans son livre " Nourriture § Amour ". Dans son recueil de " Recettes immorales ", Manuel Vàsquez Montalbàn donne la recette de la Seiche à l'étouffée aux olives vertes, avec ce commentaire décapant: " Le fenouil est à l'olive ce que Ortega et Gasset sont à Romina Power et Al Bano: un indispensable critère d'identité. Les anciens lui attribuaient outre des propriétés carminatives et calorifères de l'hémisphère corporel sud, spécialement de l'hémisphère corporel sud féminin. Au cas où cela serait infondé, on aura toujours la ressource, s'appuyant sur l'indéniable présence du fenouil dans le plat, de faire preuve d'érudition en matières d'aphrodisiaques. On ne connaît personne qui soit parvenu à séduire à cause de ce qu'il avait mangé; la liste est longue en revanche de ceux qui ont séduit en commentant ce qu'ils étaient en train de manger. "

Son commentaire sur le Poulpe à la crétoise est tout aussi savoureux: " A Mykonos on attribue au poulpe des propriétés de mise en train sexuelle qu'il conviendrait peut-être mieux d'attribuer au soleil ou à d'autres ingrédients ambiants, encore que dans la recette qui nous occupe le fenouil sauvage et le vin rouge composent une proposition pécheresse que le palais délecte. Entendons que le palais est à même d'analyser les codes de saveur et il est conscient que le fenouil et le vin rouge veulent dire: " excite-moi et laisse faire. ".
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Figue
En raison du grand nombre de ses graines, la figue est un symbole de fécondité. Dans l'Antiquité le bois de figuier servait à sculpter les statues du dieu Priape. C'est en raison même de la forme de ses fruits, analogues aux parties sexuelles masculines, que la figue a la réputation d'être aphrodisiaque. Angelo de Gubernati dans sa Mythologie des Plantes note un dessin de Michel-Ange intitulé le Phallus d'Adam représentant un serpent entre deux figues. Ainsi, en Afrique du Nord, la figue est synoyme de "testicules". " Son nom est devenu à tel point synonyme de testicules qu'il ne s'emploie pas dans la conversation courante et s'est trouvé remplacé par le nom de leur saison, le khrif, l'automne", écrit Jean Servier dans Les Portes de l'année.
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Gingembre
S'il est une de ses multiples qualités que nulle équipe n'a pu prouver de façon scientifique et indubitable, c'est bien son pouvoir aphrodisiaque, et pourtant ce n'est pas la moindre raison du succès phénoménal de cette racine noueuse chez les Chinois et les autres peuples asiatiques, les Arabes et les Africains et chez nous dès son introduction. Même dans l'au-delà, au jardin des Délices, les bons musulmans trouveront du gingembre et pourront folâtrer avec de ravissantes houris. " Un mélange de vin exquis et d'eau pure de Zangebir est leur boisson ", dit le Coran, qui précise: " Des enfants doués d'une éternelle jeunesse s'empresseront de les servir; la blancheur de leur teint égale l'éclat des perles. " Son succès au Moyen âge s'explique autant par sa réputation d'aphrodisiaques que pour ses vertus aromatiques ou médicinales. Selon Sainte Hildegarde de Bingen, " Il rend les hommes lascifs et laisse les femmes, sans défense. " L'école de Salerne vante ses vertus aphrodisiaques en un quatrain célèbre:

" Au froid de l'estomac, des reins et du poumon
Le gingembre brûlant s'oppose avec raison,
Eteint la soif, ranime, excite le cerveau
En la jeunesse éveille amour jeune et nouveau. "

Selon Nostradamus, " ... il est indiqué aux estomacs trop froids, ainsi qu'aux personnes qui se sentent dénaturées par l'âge. Mais il est plus profitable encore aux hommes qui ne peuvent remplir le devoir de nature. " Il le recommandait aussi aux femmes incapables d'enfanter par " froideur de matrice. " La tradition dit que les Portugais qui introduisirent le gingembre en Sierra Leone et en Guinée comptaient fermement dessus pour obtenir un fort taux de natalité dans leurs haras d'esclaves humains.
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Ginseng
" Tout au long de l'immémoriale histoire de la Chine _ écrit Jean-Marie Bourre dans son ouvrage La diététique de la performance _ bon nombre d'empereurs prirent du ginseng dans l'espoir d'assouvir tant bien que mal les mille concubines de la Cité interdite. Obligation rituelle et quasi protocolaire... Les historiens et les médecins se sont longtemps interrogés sur la toxicité de cette plante qui aurait modifié le cours de l'histoire asiatique, car la plupart des Fils du Ciel mouraient jeunes. Le ginseng au n'aurait-il pas pu provoquer des effets indésirables, à moins qu'il ne s'agisse d'overdose provoquées par les eunuques, rancuniers ou cupides qui trafiquaient gaillardement le infusions de ginseng en y ajoutant de la noix vomique. Car la noix vomique est une plante qui produit la strychnine, un excitant très puissant, mais particulièrement dangereux pour le système nerveux. " Les premiers Européens à découvrir le ginseng l'ont baptisé la " mandragore de Chine " et lui ont attribué les mêmes vertus de racine de longue vie et d'aphrodisiaque en raison de sa forme en s'appuyant sur un système de correspondances et de signes que la médecine occidentale a rejeté depuis longtemps, mais pratiquait avec l'ancienne théorie des " Signatures ". Selon celle-ci, les vertus cachées d'un animal ou d'une plante sont révélées par leur apparence extérieure. Autrement dit la forme, la texture, et même la couleur d'un produit comestible peuvent indiquer s'il s'agit ou non d'un aphrodisiaque. L'exemple le plus connu porte sur la mandragore, citée dans la Genèse, dont les racines fourchues évoquent de façon étonnante des cuisses d'homme et un pénis. A défaut d'autre choses, iI semble en tout cas qu'en affermissant les nerfs, la mandragore peut avoir comme effet secondaire d'améliorer les performances sexuelles d'un amant trop émotif. Selon les chinois, le ginseng est un aliment yang, il tonifie et réchauffe, et soigne le yin, il agit plus particulièrement sur le méridien des reins qui englobe les glandes surrénales et les organes génitaux. Il est donc aphrodisiaque, de même que d'autres épices yang telles que le girofle, le gingembre, la ciboule et la ciboulette chinoise, la cannelle, etc., et des aliments tels que les noix, l'igname, le lait de brebis, les viandes de cerf, de chien et de mouton ainsi que leur pénis, les moineaux, les nids d'hirondelle, les oeufs de pigeon, les vers à soie, les concombres de mer, les crevettes, les moules séchées, etc.. Virilité et immortalité vont de pair dans la voie taoïste du Yin et du Yang. Des rapports sexuels fréquents et prolongés, sans émission de sperme, permettent à l'homme de préserver son yang et d'absorber le yin de la femme. Associés à une alimentation adéquate, ils permettent d'augmenter l'énergie vitale, la santé et la longévité.
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Girofle
A Rome lors des orgies, les amoureux " en panne " se faisaient servir du vin chaud de girofle , préparé en faisant macérer 20 clous de girofle et une noix de muscade dans du vin blanc. Ce vin était chauffé juste avant utilisation. Au cas où leur ardeur restait insuffisante, il passait à la vitesse supérieure avec un concentré de liqueur de girofle. Selon l'Ecole de Salerne, il " accroît l'ardeur génésique s'il a été pris, à la dose d'un drachme, avec du lait de vache frais ". Pendant tout le Moyen âge on l'a utilisé dans des vins aromatisés et des philtres d'amour. Dans son recueil de Recettes immorales, Manuel Vàsquez Montalbàn ironise et présente ainsi sa recette de la " bavaroise Perfect Love ": " La malice de cette sucrerie à base de sucre figé lui vient du clou de girofle, épice mystérieuse à laquelle toutes les propriétés ou presque ont été attribuées, en raison de sa nature de clou inutile. Eva Braun faisait des bavaroises à Hitler et ils savouraient en silence, pour ne pas se distraire des bombardements... "
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Grenade
Perséphone est la première victime du pouvoir de la grenade, attribut d'Aphrodite et raconte à sa mère: " Il m'a mis sournoisement dans la main un aliment doux et sucré un pépin de grenade... et malgré moi, de force, il m'a contrainte à la manger ". De l'Afrique du Nord jusqu'en Inde, le jus de grenade a la réputation d'accroître la fécondité et d'être un antidote à la stérilité. Dans son savoureux recueil de Recettes immorales, Manuel Vàsquez Montalbàn à propos d'une recette de Langue de porc sauce grenadine, décode à merveille l'imaginaire érotique de la grenade. Il écrit: " Voilà un plat, en revanche, qui paraît avoir été créé pour les couples dont la véhémence, premier stade précommensal de la passion, s'excite au souvenir de la grenade. L'imaginaire érotique s'exalte dans la complexe lenteur qu'implique l'égrenage du fruit, dépouillement graduel pour remonter à la source de tant de pierres précieuses. Il s'est même trouvé quelqu'un, porté sans doute par un tel déploiement de rubis fruitiers, pour prétendre que la grenade est un fruit de bijouterie. Mamelon ou clitoris, comme la framboise, mais cristallisé, le grain de grenade parsème la sauce de notes ensorcelantes dont l'amant avisé saura opportunément jouer. "
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Jujube
Eh non! Pour une fois... L'arabe Razes le considérait comme un anaphrodisiaque, et le recommandait aux hommes trop voluptueux car " il appauvrit le sperme et s'oppose aux désirs vénériens ".
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Lavande
Asphasie de Millet, égérie des philosophes et des poètes au siècle de Périclès prenait des bains de lavande avant de se parfumer au bakkaris, une essence assez violente à l'extrait d'iris et de rose dont on a perdu la formule exacte. A Rome, la mode des bains fut lancée par Poppée qui se faisait préparer des bains de lait d'ânesse, additionné de lavande et de mélisse. Ensuite, séchée avec un duvet de cygne, elle se faisait masser, puis frotter avec des onguents. Les prostituées romaines s'enduisaient le corps d'huile de lavande. La tradition populaire dit que porter sur soi un sachet de lavande attire les amoureux. Casanova parfumait son papier à lettre à la lavande pour " mettre en transe " les destinataires de ses billets doux. On sait que Mussolini s'en inondait pour séduire les femmes. Par contre curieusement, associée au romarin, elle favoriserait la chasteté et au début du 16e siècle, Sainte Angèle de Mérici, fondatrice des Ursulines " prescrivait _ dit Scott Cunningham dans L'Encyclopédie des plantes magiques _ des jeûnes à la lavande et au romarin aux filles que les familles faisaient enfermer au couvent pour inconduite. "
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Lotus
Eh non! En Chine, au Japon, en Inde, comme jadis en Grèce antique, le lotus est symbole de pureté et les graines sont considérées légèrement antiaphrodisiaques. Dans la mythologie grecque, la chaste nymphe Lotus préféra se transformer en jujubier pour échapper aux ardeurs de Priape. Dans de nombreux folklores, les graines triomphent des envoûtements amoureux. Les graines de lotus ont la réputation d'être sédatives, soporifiques, de calmer les sens et diminuer les facultés de procréation. Les moines en mangent pour lutter contre les désirs des sens. Notons au passage que chez nous, à la fin du Moyen âge, si les hommes étaient fous d'aphrodisiaques, ils réservaient à leurs femmes des produits destinés surtout à les garder chastes et leur faisaient subir des cures de 30 jours de suite où elles devaient prendre des décoctions de racines de nymphéa, de graines de laitue, de russule (champignon) et de rue ou encore des infusions de racines de nénuphar blanc, de chatons et feuilles de saule, de valériane, de douce-amère et de racines de houblon. Les seuls stimulants permis aux femmes étaient ceux qui favorisaient la lactation. Et pourtant dans un tout autre registre, dans la littérature libertine chinoise, le lotus symbolise le sexe de la femme, et le titre de " Lotus d'or " était l'enjeu de sourdes rivalités entre les courtisanes.
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Marjolaine
Emblème de l'amour chez les Grecs et les Romains, elle couronnait les jeunes mariés. D'après Lucrèce, les hommes follement amoureux "couronnaient de fleurs odorantes le seuil de leur belle et parfumaient leurs portes avec des guirlandes de marjolaine." Le jour de son mariage, la jeunes fiancée romaine était conduite chez son époux qui avait pris soin de faire enduire les piliers de sa porte des plus merveilleuses senteurs. Amour et parfum font bon ménage. Il semble qu'en matières d'aphrodisiaques, certaines recettes laissent penser que plus la recette est compliquée et plus l'effet est assuré. Jugez-en en prenant connaissance de cette recette d'Albert le Grand " pour faire danser une fille en chemise ": " Prenez de la marjolaine sauvage, de la franche marjolaine, du thym sauvage, de la verveine, des feuilles de myrte, avec trois feuilles de noyer et trois petites souches de fenouil; tout cela sera cueilli la veille de la Saint-Jean, avant le soleil levé. Il faut les faire sécher à l'ombre, les mettre en poudre et les passer au tamis de soie et quand on veut exécuter de joli badinage, il faut souffler cette poudre en l'air dans l'endroit où est la fille, en sorte qu'elle puisse la respirer, ou lui en faire prendre en guise de tabac, et l'effet suivra de près. Un fameux auteur ajoute que l'effet sera encore plus infaillible si cette expérience gaillarde se fait dans un lieu où il y ait des lampes allumées avec de la graisse de lièvre ou de jeune bouc. "
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Mastic / Mastika
En Afrique du Nord et dans de nombreux pays d'Orient, l'huile extraite des fruits est réputée aphrodisiaque et on la mélange subrepticement aux aliments de l'être aimé pour le séduire ou le reconquérir et provoquer un regain d'amour. En Iran, cette huile est mélangée à des onguents que l'on frotte sur le bas-ventre, les reins, les cuisses.
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Menthe
La controverse remonte à l'Antiquité. La menthe aquatique est liée à la déesse de l'amour, Aphrodite. D'après la mythologie grecque, la menthe aquatique pousse sous chacun de ses pas quand à sa naissance, elle sort de la mer. Lors des rites des mystères de Eleusis qui associaient la déesse de l'amour et Demeter, la déesse des céréales et de la fertilité, les adeptes consommaient un breuvage d'initiation, composé de vin, de menthe pouliot et d'huile de marjolaine. Au premier siècle de notre ère, Dioscoride; dans son traité de pharmacologie De materia medica qui servit de référence et fit autorité jusqu'au 17e siècle estimait qu'elle était aphrodisiaque. Les autorités grecques interdisaient à leurs soldats d'en employer " car elle incite tant à l'amour qu'elle diminue le courage ". Hippocrate et Aristote la jugeaient aphrodisiaque, mais pensaient qu'appliquée sur les parties génitales de la femme elle était néfaste à la conception. Pline estimait également qu'elle était " contraire à la génération ". La mythologie grecque met en lumière cette ambiguïté de la menthe à la fois associée à la sexualité, mais entraînant la stérilité: " ... Mintha, la menthe, est une plante odorante _ écrit Jean-Pierre Vernant. Concubine d'Hadès, elle partage son lit dans le monde souterrain. Quand vient pour le dieu le temps de convoler en justes noces avec Perséphone, Mintha se vante de supplanter, par sa beauté et son charme amoureux, la femme légitime dans la maison de son mari. Déméter, irritée, châtie la rivale trop entreprenante de son enfant en la métamorphosant en une plante aux propriétés équivoques: aphrodisiaque certes, mais abortive, parfumée, mais "insignifiante" et stérile. La mère du blé, associée à sa fille comme patronne des unions légitimes, fait de Mintha une plante ákarpos, terme qui signifie à la fois incapable de donner des fruits et d'avoir des enfants. " La légende chrétienne fait aussi de la menthe une plante stérile que la Vierge, se cachant sous du blé pour échapper aux soldats d'Hérode, maudit parce que celle-ci dénonça sa présence, heureusement trop bas pour être entendue. La Vierge lui dit: " Tu est menthe et tu mentiras toujours; tu fleuriras, mais tu n'auras pas de graines. " En Océanie qui a des vues sur une femme peut se frotter la main avec de la menthe, puis s'arranger pour la toucher comme par inadvertance. Il aura ainsi toutes les chances de conquérir la femme convoitée.
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Moutarde
En Inde comme à Rome et dans la Grèce Antique, la moutarde blanche était prescrite aux couples qui n'avaient " pas encore d'enfants pour leur donner plus d'ardeur. " Elle était censée exalter le dynamisme des gens à tempérament froid. C'est le pape corrézien, Clément V, dit le Magnifique qui assura lui-même la promotion de la " moutarde violette ", fabriquée à Brives, en vantant précisément ses mérites pour son action aphrodisiaque. Ceux qui voulaient une action plus rapide encore se frictionnaient la verge avec une préparation à base d'huile de moutarde, de romarin, de miel juste avant de passer à l'acte. Quoiqu'il en soit la moutarde est irritante, piquante et dilate les vaisseaux sanguins et intensifie la circulation locale.
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Muscade / Macis
Sa réputation est quasi-universelle. La muscade était utilisée dans des vins aromatisés, des philtres aphrodisiaques, et dans des rites d'envoûtements amoureux. Le beurre de muscade contient de la myristicine, c'est pourquoi on le conseillait en usage externe pour faire gonfler la verge. Dans son Traité des aphrodisiaques externes, publié en 1788 Amédée Doppet donne la recette suivante: " Prenez du miel et de l'huile de noix de muscade, du poivre noir et du musc et faites-en une pommade que vous utiliserez pour graisser la verge ou le périnée. Une application tous les trois jours suffira pour que soient attisées au mieux les plaisirs de l'amour. Paul Sébillot rapporte une recette belge d'envoûtement amoureux. Une jeune fille qui souffre des infidélités de son amant doit inscrire son nom et celui de son amoureux sur une noix de muscade, l'entourer d'une mèche de cheveux dérobée à son ami et l'enterrer sous un sapin: " Plus la sève fait pousser la noix, plus le trompeur devient amoureux de la fille, mais si celle-ci ne veut plus l'aimer à son tour, il ne tarde pas à mourir. "
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Ortie
Galien dit que " les graines cuites avec du vin cuit excitent au jeu de l'amour " et il conseille en cas d'impuissance de prendre une cuillère à café de graines moulues mélangées à du miel ou de la confiture. Est-ce efficace ou pas? En tout cas cela semble moins radical que les méthodes d'une prêtresse dont parle Pétrone. Celle-ci fouettait les hommes qui le désiraient, surtout des vieillards, " sous le nombril, sur les reins et sur les fesses " avec des tiges d'ortie pour leur donner de la vigueur. Ce type de traitement constitué de coups de fouet avec cette plante liée à la planète Vénus, combiné à des massages lombaires au poivre noir a une longue descendance. Certains plutôt que de se frotter la verge avec des feuilles fraîches, ce qui n'est pas forcément des plus commodes préfèrent s'appliquer de la pommade d'ortie. N'allez pas croire que ces pratiques ont disparu. Mésségué cite le cas d'un centenaire de ses amis, volage et coureur de jupons impénitent qui n'hésitait pas à se rouler dans les orties pour se " recharger " sexuellement ! Selon les Allemands, mettre des feuilles d'ortie sous le matelas conjugal à l'insu de son conjoint favorise une sexualité débridée. Si on a pris la précaution de les saupoudrer de sel juste avant de les cueillir, elles auront un pouvoir érotique encore plus fort. L'ortie était aussi utilisée pour des charmes magiques amoureux. Selon Jean-Claude Bologne, auteur de Du Flambeau au bûcher, " baptisée dans l'urine d'une femme, elle sera jetée dans un feu alimenté au bois des tombes et aux os des morts... pour que le mari brûle du même amour. "
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Persil
La réponse n'est pas évidente. Les Romains pensaient qu'il rendait les femmes stériles, mais plus tard il a été taxé de la réputation contraire, et on l'a même vanté comme aphrodisiaque. Un proverbe de 1568 dit " Si la femme savait que le persil vaut à l'homme, elle irait en chercher jusques à Rome. " On recommandait aux impuissants d'ajouter quantité de persil haché à leur nourriture quotidienne. Dans le Poitou, on racontait que là où le persil venait bien dans un jardin, c'était que le jardinier était " bon étalon " ou qu'il n'y avait pas de jaloux dans la maison, ou alors que le maître de maison était un paillard. Un dicton anglais affirme " Semez du persil, semez des bébés ". Une femme qui en plante ne tardera pas avoir un bébé. Par contre une femme enceinte ne doit pas en planter. Le persil a aussi la réputation de faire tarir le lait des femmes et des animaux domestiques, chiennes ou chattes.
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Pignons
La forme et la couleur du cône de pin, dense, lisse et un peu rougeâtre rappelle selon les Anciens, celle du phallus ou du membre mutilé d'Attis, dieu de la Fertilité. C'est un des attributs de Dyonisos. Ovide classe le pignon parmi une longue liste d'aliments aphrodisiaques. A la fin du siècle dernier, les pommes de pin étaient vendues comme amulettes favorisant la fécondité: les hommes devaient manger des pignons pour renforcer leur virilité, les femmes pour porter des enfants. Au Moyen-Orient le lait aux pignons a une réputation solide d'aphrodisiaque.
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Piment / Paprika
En tout cas leur réputation est quasi universelle et ils sont employés dans des philtres et des charmes d'amour et de retour d'affection. Les Hongroises faisaient des croix avec des tiges de paprika qu'elles suspendaient au dessus de leur lit pour s'assurer de l'ardeur et de la fidélité de leurs époux. Au Mexique, il faut faire brûler du piment rouge et répandre les cendres sur un lieu où l'on est sûr que la personne aimée va marcher. Dans Ma tour d'Argent, Claude Terrail est beaucoup plus nuancé quand il déclare: " J'accorde une importance certaine aux épices, moins pour leurs effets biologiques que pour leur pouvoir d'inciter au rêve à l'aventure, à tous les ailleurs. La cuisine érotique, est, comme tout autre, une cuisine des cinq sens; on est prié d'apporter soi-même le sixième, et son esprit. L'aphrodisiaque le plus efficace est dans le regard, non dans la chose regardée et, ma foi, piment pour piment, mettez-le plutôt dans la conversation. "
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Pistache
Voyons ce qu'en pense Manuel Vàsquez Montalbàn: " ...il est certain que les anciens tenaient la pistache pour une gemme aux éclats voluptueux, et la donnaient en pâtisserie aux êtres souffrant, en matière de jouissance, d'inappétence ou de précocité... Le gâteau à la pistache pénétra la mémoire des croisés et y fit le voyage de retour au pays. Mais ce n'est que de nos jours que la pistache étant devenue une friandise de plus dans les supermarchés de la friandise, que l'on a pu vérifier si le gâteau à la pistache était une aventure imaginaire de l'hémisphère nord ou bien une splendide aventure musculaire de l'hémisphère sud. "
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Poivre
Il entrait dans la composition de nombreux élixirs, philtres d'amour et de vins aux herbes, souvent associé au safran et au gingembre, autres épices réputées chaudes et aphrodisiaques. Sa réputation en ce domaine était bien établie. Souvenir du temps ou le vin était généreusement épicé et poivré, l'alcoolique, le "poivrot" est "poivré"! En Saxe, la coutume était de punir les gentilhommes qui épousaient des roturières en les gavant de poivre jusqu'à la mort: c'étaient les fameux "sacs à poivres". Schéhérazade berça les nuits du calife Haroun-el-Rachid qui régna sur Bagdad, la fabuleuse cité des Abbassides, de 789 à 802, en lui racontant l'histoire de " l'indigne pâtissier qui fait des tartes à la crème sans y mettre du poivre ". Sans oublier la fabuleuse histoire de Sindbad, le marin parti chercher fortune sur l'Océan Indien. Nom plus qu'évocateur, puisque le Sind est l'ancien nom de l'Indus et d'une des régions de l'Inde, pays des épices par excellence.
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Pomme
Si la pomme n'a à coup sûr aucune vertu aphrodisiaque, sa charge symbolique n'en reste pas moins énorme. Comme l'écrit Michel Pastoureau, la "qualité érotique de la pomme a une très longue histoire. De Pomone à Marie, d'Eve à Vénus, la pomme a toujours été associée à la féminité dans sa double dimension: nourriture et fécondité d'un côté, plaisir et beauté de l'autre. Très nombreux sont depuis l'Antiquité les témoignages qui mettent en valeur le lien entre les plaisirs de la pomme et les formes rondes de la femme. [...] Les seins-pommes _ c'est-à-dire ceux qui ont l'aspect ou la forme de pommes _ fréquents dans l'art du XVe au XVIIe siècle, font parfaitement le lien entre la chair fruitée de l'amante et le lait nourricier de la mère: on les caresse comme on s'en nourrit. Vue la corrélation entre la pomme, la femme et l'amour, Vénus, la plus belle femme du monde, symbolise encore pour les modernes essentiellement l'Amour et la Beauté, thème qui a inspiré beaucoup de peintres. " Dans la symbolique chrétienne , la pomme mise en relation avec la femme associe ainsi le péché de mensonge et le péché de chair, la traitrise et la luxure, Eve et Vénus". Selon les traités d'iconographie, tels que le Hieroglyphica de Giovanni Piero Valeriano de 1556, les amours joufflus qui l'accompagnent doivent " être représentés jouant avec des pommes, s'amusant dans les arbres à cueillir ces fruits, y mordre à pleines dents, ou bien se les lancer comme des balles." La pomme servait à sceller les serments entre amoureux. On préparait des philtres d'amour à base de pommes que l'on faisait boire à l'objet de sa flamme sans qu'il s'en aperçoive ou au contraire que l'on partageait délibérément pour être indissolublement liés. Donner une pomme c'est donner son coeur, mais c'est aussi un philtre magique qui unit pour le meilleur et pour le pire. L'auteur d'une saga islandaise du 13e siècle, la Saga de Gisli Súrsson s'inspirant du thème de Roméo et Juliette remplace le philtre par une pomme magique. En Bretagne la demande en mariage s'accompagnait d'une pomme. Le jeune homme croquait dans une pomme en demandant: " M'aimes-tu ? M'aimes-tu pas ? Si tu m'aimes, mors dans mon mias !". Si la jeune fille croquait la pomme à son tour, c'était oui. Et dans beaucoup de régions d'Europe, le don d'une pomme apparaît comme un geste d'amour. Un vieux quatrain dit:

" Fille de roy, adieu ton pucelage ! Et toutes fois tu n'en doibs faire pleurs Car le pommier qui porte bon fruitage Vault mieux que cil qui ne porte que des fleurs. "


Un dicton de la Renaissance affirme que " Les pommes ne vieillissent pas pour porter des pommes " , c'est-à-dire que tant que les pommiers portent des pommes ils ne vieillissent pas. Meyer Schapiro qui a écrit un essai Les Pommes de Cézanne (1982) voit une " signification érotique latente " des pommes jouant chez le peintre " le rôle de symbole inconscient d'un désir refoulé". Selon lui, " c'est parce que Cézanne peignait à la fois des natures mortes et des nus, qu'il était capable, dans ses tableaux d'idylle et de chastes natures mortes, de symboliser ses désirs par des pommes qui présentent une vague analogie avec des thèmes sexuels."
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Raifort
Déjà les Grecs ne doutaient pas de ses vertus aphrodisiaques, pas plus que de celles du radis.
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Réglisse
Porter de la réglisse sur soi attire l'amour, fait tomber à vos pieds les personnes du sexe opposé et déchaîne le désir sexuel.
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Romarin
Il avait la réputation de rendre joyeux et d'inciter à l'amour et à la passion qui en a sur soi quelques rameaux. Les phytothérapeutes continuent à le prescrire en cas de fatigue sexuelle.
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Rose
La rose entre dans de nombreux philtres ou charmes d'amour. La rose rouge qui est toute de velouté, mystère, opulence et majesté, est liée à l'amour et à la volupté. La rose rouge serait née de Vénus qui se serait piquée aux ronces d'un rosier blanc, alors qu'elle courait éperdument pieds nus à la vue de son bien-aimé Adonis agonisant. Les gouttes de son sang colorèrent toutes les fleurs et Cupidon en y déposant un baiser leur donna leur parfum. A Rome, les courtisanes se paraient de roses le jour de la fête de Vénus. Selon les Mille et nuits, le calife de Bagdad avait sept palais. Le septième, le plus somptueux, était le Palais des Délices éternelles et infines. On y dégustait de la confiture de pétales de roses au goût de miel. Quiconque en mangeait tombait inéluctabrement sous un charme d'amour. Au Moyen Age, les défenseurs de la moralité imposaient pour les stigmatiser le port d'une rose aux courtisanes, prostituées et filles mères dans certaines régions d'Europe.
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Safran
Depuis des millénaires, le safran entre dans la composition de nombreux aphrodisiaques, élixirs et charmes et philtres d'amour. Il avait la réputation d'être sensuel et aphrodisiaque dès l'Antiquité et Homère dans l'Iliade en faisait le lit des amours charnels de Zeus et Rhéa. Il était également cher au coeur de Sappho la poétesse grecque de Lesbos: " Faut-il te rappeler les heures douces que nous avons vécues ensemble? ...les couronnes de violettes, de roses et de crocus entrelacées, tout ce que tu mettais près de moi...? et ce fier parfum? ce parfum royal que tu répandais sur les jolies ( boucles de tes cheveux )... " Dioscoride et Pline le disaient propre à "exciter à l'amour". Alexandre de Tralles, médecin de Byzance mit au point les fameuses pilules de cynoglosse, à base de safran, de cynoglosse dont le nom signifie "langue de chien"( de kuôn chien et glôtta, langue, parce que les feuilles sont douces, longues et molles) finement hachée, mélangée à de l'opium, et de la myrrhe, traitement miracle pour les quintes de toux, et surtout pour les messieurs d'un certain âge que des excès de toute nature avaient conduit à des difficultés d'émission. Ce traitement pour la rétention était radical au-delà de toutes espérances. De toute façon les malheureux vieillards qui y avaient recours se retrouvaient tellement sur le flanc et dans les vapes que l'on peut se demander dans quelle mesure ces messieurs avaient encore la force et l'envie de se livrer à la luxure. Ce remède a eu une longue postérité. Le safran entrait également dans le cynoglosse d'Ambroise Paré avait à base de cynoglosse sédative, d'opium, de jusquiame noire, d'encens et de myrrhe. Roger Bacon, surnommé le " Docteur admirable " avait décrété que le safran retarde les effets du vieillissement, si bien que quand on en planta au 14e siècle dans le comtat Venaissin, la cour pontificale, soucieuse sans doute de ne pas vieillir en quelque domaine que ce fût, en fit grand usage. De nos jours, les phytothérapeutes continuent à le recommander en cas d'impuissance et de frigidité chez les femmes anémiées et lympathiques.
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Sarriette
Son nom latin Satureia viendrait de satyrus, satyre en français. Le satyre Anos du bois sacré du Mont Olympe se lamentait parce la nymphe Laura se plaignait de ses performances sexuelles quelques peu défaillantes. C'est alors que Dionysos lui montra " l'herbe du bonheur ", la sarriette. Il en mangea et retrouva toutes ses capacités. Dionysos est représenté le front orné de sarriette et offrant une coupe de vin aux nymphes et naïades. Considérée depuis fort longtemps comme un stimulant physique et psychique, la sarriette était réputée pour ses supposées vertus excitantes et aphrodisiaques, et était indiquée contre l'impuissance et la frigidité. Dans le monde gréco-romain, une infusion d'angélique et de sarriette, corsée de poivre devait permettre de rivaliser avec les exploits amoureux des satyres, ces êtres, joueurs de flûte, moitié hommes, moitié boucs, irrésistibles séducteurs des nymphes. En Grèce les femmes enceintes n'avaient pas le droit de toucher à la sarriette sous peine de s'exposer à une fausse couche, grossesse et érotisme ne faisant pas bon ménage. Au Moyen Age, la réputation aphrodisiaque de la sarriette était suffisamment bien établie pour qu'on ait pris la peine de l'interdire dans les monastères! Sinon , "on aurait entendu les soutanes sonner comme des cloches de bronze ". Cette renommée a persisté au cours des siècles et l'on raconte qu'un jour le marquis de Sade avait offert à ses invités des petits chocolats fourrés de poudre de sarriette pour les convier à une mémorable orgie. Dans ses Recettes immorales, Manuel Vàsquez Montalbàn propose une recette de " fèves à la sarriette "à la " saveur mystérieuse et inquiétante que les palais simplistes ne prisent guère. Ce plat pour cas d'urgence est doublement printanier, par les fèves et par la sarriette et il échauffe donc doublement le sang dans toutes les extrémités du corps... quiconque par exemple, aura mangé un plat de fèves à la sarriette éprouvera le besoin urgent que le plus beau des convives s'asseye sur ses genoux. " Des phytothérapeutes continuent de vanter les vertus de l'infusion de sarriette contre l'impuissance, la lassitude sexuelle, et pour redonner goût aux jeux de l'amour.
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Sauge
Autrefois les Romains s'encensaient avec de la sauge pour augmenter leurs appétits charnels. Quant à Dioscoride, il trouvait que " son odeur est soporifique ". La nouvelle aromathérapie considère que les essences aphrodisiaques les plus puissantes sont celles de la sauge sclarée et celle des fleurs de ylang-ylang. La fumée de sauge et le parfum de son huile agissent à travers l'odorat sur le système nerveux, et s'ils sont aphrodisiaques, ce ne peut être que de part leur action sédative, relaxante, décongestionnante et tonifiante. A doses plus élevées, les respirer provoque euphorie et ivresse. Marie-Antoinette Mulot, dernière herboriste diplômée de France, dans Réponses à 200 maladies par les plantes, propose en cas de frigidité une cure de " 1 petit verre avant un repas et pour une durée qui ne doit pas dépasser 6 mois ", d'un vin de sauge de sa composition:
  • " 80 g de sauge sèche ( herboristerie ou pharmacie)
  • 1 litre de vin muscat (Frontignan, Banyuls)
  • Faites bouillir le vin et versez-le sur la sauge
  • Laissez macérer jusqu'à complet refoidissement,
  • Mettez au frais et attendez 3 jours pour filtrer."
Pour combattre l'impuissance, elle recommande de " croquer 1 g par jour de racine de ginseng " ou bien de boire une infusion " 2 tasses par jour, la dernière au coucher, chaude, avec du miel", à raison d'1 cuillerée à soupe de ce mélange par tasse:
20 g de Roquette / 30 g de Berce / 10 g Romarin / 10 g de Sarriette / 10 g Menthe / 10 g Ortie piquante / 10 g Ache
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Sésame
Souvent consommé avec du miel ou en pâte fourrée aux amandes, aux pistaches ou aux noisettes, on le juge aphrodisiaque dans les pays arabes. En Inde, la médecine ayurvédique recommande l'huile et les graines de sésame pour soigner les troubles sexuels.
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Thym
Selon Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques, un homme " porté sur la chose ", au grand appétit sexuel et à la maîtresse exigeante, doit mettre du thym dans les tiroirs où il range ses caleçons et ses sous-vêtements: " il ne manquera pas de porter ce linge chaque fois qu'il aura rendez-vous avec cette dame; il sera alors capable de lui rendre des hommages qui auraient comblé de bonheur Messaline en personne. " Par contre les femmes ne doivent pas en abuser pour ne pas se viriliser et voir la moustache et les poils leur pousser sur tout le corps.
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Tomate
Lorsque les premières tomates arrivèrent d’Amérique du Sud, leur rareté, leur étrangeté et leur couleur éclatante furent suffisantes pour se voir attribuer d’étranges pouvoirs. On crut avoir trouvé le fruit de l'arbre défendu du jardin d’Eden, c'est pourquoi on lui donna le nom de pomme d’amour. Le botaniste Petrus Andréas Matthiolus décrit la tomate en 1544 comme une plante médicinale, une « pomme d'amour », aphrodisiaque et parente de la mandragore déjà dotée d’une solide réputation en ce domaine en raison de sa forme d’homoncule. En Angleterre, on l’appela d’abord love apple et en Allemagne liebesapfel, c’est-à-dire pomme d’amour en raison de ces vertus supposées, quoique totalement usurpées. C'est une histoire banale puisque rares sont les aliments qui y ont échappé. Ainsi quand les premières pommes de terre de la même famille que les tomates apparurent, on crut aussi qu’elles étaient aphrodisiaques; Dans Les Joyeuses Commères de Windsor, Shakespeare fait dire à Falstaff qui s’adresse à une femme: « Maintenant que le ciel fasse pleuvoir des patates...Qu’il grêle des dragées aphrodisiaques... Qu’une tempête de provocations éclate! » Au début du siècle en Provence, on recommandait encore la pomme d’amour aux hommes épuisés par de longs ébats amoureux pour restaurer leurs forces et retrouver leur virilité défaillante.
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Vanille
La sensuelle et gourmande vanille est arrivée chez nous avec une solide réputation d'aphrodisiaque. Le mot français vanille est dérivé de vagina, " petit fourreau ", " petite gaine " parce que la racine de vanille à la forme allongée avec la petite fente du bout ressemble au canal vaginal. Et cela seul suffit à en faire un aphrodisiaque dans l'imaginaire collectif, comme tout ce qui évoque la procréation ou les organes sexuels. L'huître qui, elle aussi, ressemble aux organes sexuels féminins autant par son apparence que sa texture, jouit chez nous dans ce domaine d'une réputation solide, sans pourtant la moindre preuve. Selon les Chinois et les Arabes, la loche de mer qui grossit et gonfle quand on la touche, les dattes et les artichauts évoquent le vagin. Côté masculin, l'exemple le plus connu porte sur la mandragore, citée dans la Genèse, dont les racines fourchues évoquent de façon étonnante des cuisses d'homme et un pénis. Rien n'a été prouvé, mais il semble en tout cas qu'en affermissant les nerfs, la mandragore peut avoir comme effet secondaire d'améliorer les performances sexuelles d'un amant trop émotif. Les oignons et les pommes de terre ressemblent plus ou moins à des testicules, la banane, les asperges ou carottes, le raifort à la verge et figurent donc en raison de leur forme dans l'interminable liste des aphrodisiaques.
Madame de Pompadour que le roi considérait " froide comme une macreuse ", se faisait servir au déjeuner un potage de céleri, une poignée de truffes et un triple chocolat à l'ambre et à la vanille pour combattre sa frigidité et réveiller ses ardeurs. La vanille avait une solide réputation d'aphrodisiaque y compris auprès des autorités médicales et en 1720, De Caylus conforte cette opinion et classe la vanille parmi les échauffants et recommande à ceux qui sont plus préoccupés par leur santé que par les plaisirs des sens de s'en abstenir.
Le " parfait amour " liqueur d'origine de hollandaise remontant au 18e siècle, à base de cédrat, de vanille, de girofle, de canelle et de coriandre connut une grande popularité. Il était coloré en violet ou en rouge, parfumé à la violette et passait pour un aphrodisiaque, ce qui suffit à expliquer son succès.
A la même époque établissements Tivoli étaient célèbres pour leur " bain nuptial " destiné aux messieurs à veille de leur mariage. Après un bain aromatisé aux vins, on leur offrait une collation, puis on les massait avec des essences et des huiles aphrodisiaques: extrait de vanille, de girofle, d'ambre, suc de rose, esprit de musc, cantharide.
La vanille est la " senteur aphrodisiaque " des rêves de Baudelaire:
" Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme des hautbois, verts comme les prairies, Et d'autres corrompus, riches et triomphants Ayant l'expansion des choses infinies... "

Dans leur livre La route du chocolat, Cluizel et Schiaffino donnent la recette d'un philtre aphrodisiaque toujours d'actualité au Guatemala: " Faire chauffer deux gousses de vanille pendant dix minutes dans un litre de lait. Retirer les gousses, les presser pour en extraire tout le suc et les grattter pour conserver les petites graines; ajouter deux cuillères à soupe de cacao pur et les délayer avec un quart de litre d'eau tiède. Ajouter le lait chaud en remuant bien. Puis mettre deux cuillères à soupe de miel et autant de sucre roux en poudre. Incorporer en fouettant une demi-cuillerée à thé de poivre de Cayenne ou de tabasco, une pincée de sel et un petit verre de rhum ou de tequila. Boire bien chaud ou très froid. "
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