(Ocimum basilicum; Angl: basil ou sweet basil; All: basilikum; Esp: albahaca;
Port: manjericao; Ital: basilico, Arabe marocain: hbeq; Hindi: tulsi; Thaï: bai horapa)

Le basilic est une plante vivace de la famille des Labiées. Le grand basilic qui atteint de 30 à 45 cm, a une tige duveteuse, ramifiée, verte claire et rougeâtre à la base, des feuilles vertes, longues de 2 à 5 cm, ovales, pointues et dentées, luisantes. Il porte des petites fleurs blanchâtres en grappes.

A côté du grand basilic appelé aussi basilic romain, très commun sur nos marchés, il y a aussi le petit basilic au parfum plus discret et plus suave, le Ocimum basilicum minimum. Il est fin, vert, très dense avec de petites feuilles de 1 à 2 cm et de très nombreuses fleurs blanches. Il est très facile à cultiver en pots.

Il y a aussi le Ocimum basilicum purpurascens, le basilic pourpre aux feuilles rouge sombre fripées et aux fleurs rose pâle, et le Ocimum basilicum citriodorum, à l'odeur légèrement citronnée et aux fleurs blanches. En fait il y a dans le monde, sur les pourtours de la Méditerranée et dans les zones tempérées et chaudes du globe, une cinquantaine d'espèces et de sous-espèces.
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Il est originaire de l'Inde où le tulsi est une plante sacrée, consacrée à Vishnou. Beaucoup d'hindous ont devant leurs maisons, ou dans la cour, une petite construction peinte en blanc où pousse du basilic, considérée comme un mini-temple dédié à Vishnou. Quand l'empereur moghol Akbar, connu pour sa tolérance envers les non-musulmans, fit édifier au 16e siècle dans sa nouvelle capitale de Fatehpur-Sikri, un palais pour la princesse hindoue Jodhbai, il fit construire au milieu de la cour du palais, un grand bac où l'on fit pousser du basilic.

Le basilic a été introduit très tôt en Grèce d'où il s'est répandu plus à l'ouest. Son nom en grec est basilikon, ce qui signifie " petit roi ", et le basilic a souvent été appelé " herbe royale " en raison des vertus qu'on lui attribuait. Dans

l'Antiquité, il était coupé à la fin de chaque été avec une faucille en or par le souverain. Pendant fort longtemps la cueillette du basilic a été entourée de tout un rituel. Il fallait se purifier la main droite en l'aspergeant, avec un rameau de chêne, de l'eau de trois sources différentes. Il fallait se vêtir de vêtements propres, et s'être abstenu de tout rapport avec des gens impurs et en particulier les femmes en période menstruelle.

Il a gardé son caractère sacré dans la partie orientale et orthodoxe de l'Europe et dans certaine régions d'Espagne. En France, il est attaché à la fête de Sainte Anne à Tours où traditionnellement des monceaux d'ail étaient disposés au voisinage de pieds de basilic.

Aujourd'hui, le basilic est symbole tantôt de deuil, comme autrefois en Grèce, et tantôt d'amour et de félicité, comme autrefois à Rome.

Plus prosaïquement, il a la réputation tout à fait justifiée de chasser les mouches et les moustiques. On dit même que ceux qui mangent beaucoup de basilic éloignent d'eux les moustiques. Au siècle dernier les cordonniers en mettaient dans leur boutique pour éloigner les mouches et atténuer l'odeur du cuir.
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Traditions chrétiennes:
La légende veut qu'il en ait poussé autour du tombeau du Christ, après la résurrection, et qu'il ait permis la découverte de la croix, c'est pourquoi il est vénéré chez les orthodoxes. Dans les églises, de Chypre en Roumanie, il est d'usage d'en déposer sous l'autel et de s'en servir pour préparer l'eau bénite. On en met pour décorer l'épitaphios, tombe symbolique du Christ, dressée le Vendredi Saint, pour éviter symboliquement la putréfaction de la mort.

En Grèce, dans les familles, on décore de basilic l'étagère où sont disposées les icônes des saints protecteurs de la maison, l'iconostase où on place aussi un flacon d'eau bénite, un encensoir et un morceau de pain de l'Eucharistie. Toute aspersion d'eau bénite à titre de prévention ou de guérison des malades, des femmes en couche des envoûtés se fait avec du basilic.

En Roumanie on ajoute du basilic à l'eau bénite où l'on immerge le nouveau-né trois jours après sa naissance pour s'assurer qu'il sera séduisant aimable et qu'il ménera une vie honnête et honorable. On ajoute aussi du basilic à l'eau du baptême.

Dans les Balkans, on cache quelques feuilles de basilic dans la robe de la mariée pour symboliser sa pureté.
Un conte populaire roumain, Le Basilic et le Petit Sureau se termine par ces mots: " et du coeur de la mère de Dieu surgit le basilic, pour que les jeunes gens le portent à leurs chapeaux, les filles sur leur sein, et pour que les prêtres bénissent et aspergent d'eau bénite les unions de ceux qui se marient.

En Inde, les Chrétiens affirment qu'il a poussé spontanément sur la tombe de Saint François Xavier.

Basilic et Vierge Marie:
La tradition dit que la Vierge fuyant la colère d'Hérode, se cacha dans un champ avec la complicité d'un paysan qui semait du blé. Le blé ayant poussé miraculeusement, elle se cacha sous une gerbe, mais les tiges de blé n'étaient pas assez longues et l'on pouvait apercevoir un pan de son manteau, alors les tiges de sauge et de basilic qui l'entouraient s'entrelacèrent pour la dissimuler aux yeux de tous. Quand les soldats d'Hérode approchèrent, ils demandèrent au paysan s'il avait vu une femme et un enfant. Le paysan répondit que oui, mais que cela remontait aux temps des semailles. Les soldats en conclurent qu'ils devaient être déjà loin et fort heureusement n'entendirent pas un geai et une touffe de menthe qui étaient à quelques pas et qui soufflaient: " sous la gerbe, sous la gerbe ". La Vierge dit à la menthe: " Tu es menthe et tu mentiras toujours, tu fleuriras mais tu n'auras de graines ". Puis elle bénit le basilic et lui dit: " Basilic, Dieu te sauve, et tu auras des graines. "

Mort et résurrection:
Jadis en Grèce on brûlait du basilic tous les samedis en l'honneur des morts. Pendant les veillées funèbres, on jonchait le sol de basilic et de roses.

Dans beaucoup de contes, que ce soit en Sicile ou jusqu'en Russie, le basilic naît spontanément sur la tombe d'une personne chérie que la mort a arraché prématurément aux siens.

Voici un conte bulgare qui souligne le rôle du basilic dans les cycles de mort et de résurection: " Au départ, le Bon Dieu et le Diable se partagèrent l'Univers. Le premier s'attribua le monde des vivants, le Diable se contenta du monde des morts qui reste invisible. Avec le temps, le Bon Dieu se rendit compte que le royaume du Diable augmentait, au détriment du sien, à une vitesse vertigineuse. Il est normal que les morts soient plus nombreux que les vivants. Mécontent de cette constatation, Dieu envoya des espions auprès du Diable pour s'instruire des remèdes possibles. Et voilà que de retour, ils lui apprennent que le Diable se moquait de lui parce qu'il ne se décidait pas à mettre un fils au monde, ce qui aurait pu renverser la situation. Le Bon Dieu tomba dans une profonde tristesse, ne sachant comment faire pour engendrer un fils. Il dépêcha donc à nouveau ses espions auprès du Diable qui, à leur retour le renseignèrent sur la marche à suivre: dormir sur une couche de branches de basilic et présenter le lendemain quelques unes de celles-ci à la Vierge Marie, afin qu'elle les hume. L'archange Gabriel fut chargé de cette mission. Ainsi le fils de Dieu s'implanta dans son ventre, naquit comme un homme pour sauver le royaume de son père. Depuis les morts ne sont jamais vraiment perdus pour toujours. "

Basilic et basilic:
Le basilic est aussi dans les Ecritures le nom d'un reptile fabuleux qui tue par son regard ou son haleine celui qui ne l'a pas vu approcher et ne l'a pas regardé le premier. La seule façon de le tuer est de lui tendre un miroir de façon à ce qu'il se foudroie lui-même. C'est un symbole des dangers de l'existence, de la mort qu'il faut savoir regarder en face en s'y préparant avec lucidité ou en s'en remettant entre les mains des anges. C'est aussi un symbole de l'inconscient qui domine celui qui veut le nier.

Remède à la colère et au mauvais oeil:
Associé à Mars, il avait la réputation d'engendrer la sympathie et selon les cas de calmer ou au contraire d'attiser la colère d'où l'usage de servir une salade au pistou aux amoureux qui se querellaient et une potée au pistou aux magistrats qui devaient trancher un litige.

On disait jadis dans les campagnes que l'ail sauvage, dit " ail au serpent " était dangereux à la consommation et portait malheur et que le basilic était en mesure de conjurer ce " mauvais ail " et plus généralement le mauvais sort.
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Feuilles:
Le feuillage très fin du petit basilic supporte mal le contact avec un liquide bouillant, son parfum suave se volatilise. Mieux vaut l'effeuiller sur une salade assaisonnée au citron et à l'huile d'olive. Le grand basilic le plus vendu chez nous, supporte le contact avec un met très chaud à moins qu'il n'ait été forcé en serre car dans ce cas il se montre assez versatile et peut perdre une partie de son arôme.

Astuces:
  • Quelle que soit la variété de basilic, ne le passez surtout pas au mixeur, ne le hachez pas, il est préférable de le piler dans de l'huile dans un mortier ou de découper les feuilles au ciseau ou à la main. Enfin évitez l'ébullition et de longs mijotages, mieux vaut l'ajouter en fin de cuisson.
  • Pour conserver du basilic plusieurs mois, vous pouvez laisser sécher les feuilles 2 à 3 heures, les hacher, puis les saler légèrement et les mettre dans un bocal en les recouvrant d'huile d'olive. Il est préférable de conserver ce bocal au réfrigérateur. Vous pourrez utiliser les feuilles (qui noircissent un peu) et l'huile très parfumée pour aromatiser vos plats, comme le font les ménagères sur la côte d'Azur ou en Italie.

Feuilles séchées:
Préférez toujours le basilic frais au séché, moins aromatique. Le basilic séché doit être conservé dans des pots opaques et bien fermés. N'en achetez pas en poudre.

Surgelé:
Plusieurs marques de surgelés proposent du basilic haché, bien supérieur au basilic séché, ou lyophilisé. Si vous voulez congeler vous-même des feuilles de basilic, prenez la précaution de blanchir les feuilles ou de les huiler, cela leur évitera de s'oxyder sitôt décongelées.

Huile essentielle:
La teneur en essence est faible, de 0,2 à 1% de feuille sèche. L'huile essentielle contient de l'estragol, du linalol, du cinéol qui donnent aux feuilles de basilic leur odeur fine et poivrée.

Graines de tulsi:
Signalons que les Indiens et les Sri-Lankais utilisent les petites graines noires du tulsi, le Basilicum sanctum. Une fois sèches, elles ressemblent à des graines de pavot. Trempées dans de l'eau quelques minutes, elles se couvrent d'une couche gélatineuse et transparente. Si on n'a pas besoin de toutes les utiliser sur-le-champ, il est possible de conserver les graines déjà trempées une semaine au moins au réfrigérateur. Elles n'ont pas un goût très prononcé, mais elles apportent à des boissons sucrées, telles que le falooda ou les sharbat à la rose, une consistance intéressante. De plus les Indiens estiment qu'elles sont " rafraîchissantes ".

Culture en ville:
Les citadins peuvent cultiver diverses variétés sur leur balcon ou même à l'intérieur dans un endroit chaud et ensoleillé à l'abri du gel et du vent. Il faut rentrer les pots en période de froid, éviter de transplanter et arroser vers le midi, jamais le soir. La variété dite fin-vert à petites feuilles est particulièrement adaptée à la culture en pots sur un rebord de fenêtre.
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Le basilic a beaucoup voyagé et est d'un usage quasi-universel dans des sauces, salades, soupes comme le pistou ou le minestrone, pâtes, plats de légumes: tomates, aubergines, courgettes ou ratatouilles, champignons, fonds d'artichauts.

Europe:
Il est délicieux avec du fromage mozzarella dans une simple salade de tomates ou de haricots, avec des oeufs, avec du lapin ou du poulet, les viandes blanches. Il ne fait pas très bon ménage avec le vinaigre, mieux vaut assaisonner vos salades avec de l'huile d'olive et du citron.

Le pistou provençal est une " trituration ", un pesto en italien, une pâte d'ail et de basilic, de parmesan râpé montée à l'huile d'olive dans un mortier. Son équivalent italien est le pesto genovese enrichi de pignons de pins. On l'ajoute à la dernière minute à une soupe, un minestrone, des pâtes, des gnocchis... Le pistou se conserve bien au frais dans un bocal hermétiquement fermé. Tassez le mélange pour qu'il n'y ait pas de bulles d'air et veillez à ce que la surface soit recouverte d'huile.

Asie:
Japonais, Sri-Lankais, Vietnamiens, Indonésiens y ont largement recours. Quant à la cuisine thaïlandaise, elle peut difficilement se concevoir sans basilic. Le plus utilisé en Thaïlande, le bai horapa en thaïlandais, est très proche de notre basilic doux, Ocimum basilicum, mais il a un goût plus prononcé qu'en Europe, et est parfait dans les currys. Dans les recettes, " basilic thaïlandais " désigne toujours le bai horapa. Mais les thaïs utilisent régulièrement deux autres variétés qui ont chacune leur utilisation particulière. Le bai kra pow en thaïlandais, holy basil en anglais, Ocimum sanctum des botanistes, à la tige rougeâtre ou violacée, aux feuilles parfois rouges et blanches, au goût très prononcé, est le " basilic saint ", le tulsi des hindous, et il est utilisé avec les poissons. Le bai mangluk, Ocimum carnum, appelé kemangi en Indonésie, aux feuilles veloutées aromatise currys, salades et soupes.
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Rafraîchissant, le basilic est anti-infectieux et a, dit-on, la propriété de neutraliser dans les salades et crudités, le danger de contamination, d'aseptiser et faire digérer les mets dont on l'assaisonne. Il peut être utilisé comme condiment dans les régimes sans sel.
Il entre dans la composition de l'alcoolat vulnéraire, une préparation pour compresses destinée au traitement local des blessures, plutôt tombé en désuétude aujourd'hui.
Les feuilles fraîches froissées calment les démangeaisons cutanées, les douleurs dues aux piqûres d'insecte.

Infusion:
Les phytothérapeutes y voient un digestif, un tonique aussi bien qu'un calmant antispasmodique utile en cas de nervosité, insomnie, angoisse, migraines, ou de vomissements. Il est aussi galactogène, sédatif, sternutatoire et pectoral.

Une infusion concentrée de feuilles fraîches de basilic est censée empêcher la chute des cheveux.

Huile essentielle:
L'huile essentielle possède une saveur chaude et sa note est une note de tête. Elle est tonique du système nerveux, énergétique et c'est un antidépresseur. En usage interne, elle sert en cas de fatigue générale, d'anxiété, insomnie et migraines ainsi qu'en cas de spasmes gastriques et de brûlure d'estomac.

En traitement externe: 1 seule goutte soulage les piqûres de guêpes, mais elle peut irriter les peaux sensibles. En inhalation nasale, elle soulage le rhume de cerveau, et combat la perte de l'odorat. Elle se mélange bien avec le géranium, l'hysope, la lavande, la marjolaine, la mélisse.

Médecines traditionnelles:
Chez les Hébreux, le basilic était utilisé comme antispasmodique. Pline le recommande contre l'épilepsie. Autrefois on le prescrivait dans le traitement de l'hystérie. La médecine traditionnelle arabe le prescrit contre la gonorrhée et, en bains de bouche, dans le traitement des aphtes. En Afrique noire, il est utilisé dans la cuisine, mais aussi en médecine. Il est administré aux enfants contre les vers et aux adultes en cas de migraines répétées et de douleurs musculaires et rhumatismales, et pour guérir les coups, blessures et contusions. Il est considéré efficace contre l'indigestion et le rhume dans la médecine indienne comme dans la médecine thaïlandaise.
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ASTROLOGIE, ÉPICES ET HERBES

Depuis l'Antiquité, pendant tout le Moyen Age et même au-delà de l'époque des médecins ridicules de Molière, l'astrologie se chargeait selon le principe hippocratique et galénique de déterminer les moments et les époques les plus propices pour les semailles, la plantation et à la récolte des graines, des feuilles et des fleurs. Elle s'intégrait aussi à la diététique et à la médecine en déterminant les périodes les plus propices et les périodes néfastes à la consommation des divers aliments ou médicaments par les hommes selon les signes imposés à leur naissance ou selon les moments de l'année. Les plantes selon leur forme leur apparence et leurs propriétés étaient attribuées aux 7 planètes, aux 36 décans, aux 12 signes du zodiaque et aux quinze étoiles fixes les plus brillantes.

Plantes et planètes:
Ainsi, selon ces conceptions, Saturne, par exemple, plante froide et humide, rend les sujets sombres et mélancoliques, soucieux, lents, sujets à l'hydrophisie et à la goutte, alors que Jupiter chaude et humide rend les sujets joyeux et sanguins, mais sujets à l'obésité et l'apoplexie. Mars, sec et chaud, fait les sujets coléreux et batailleurs, mais sujets aux inflammations fébriles, aux fistules et à la petite vérole. La ciboulette et le basilic, sont sous l'influence de la planète Mars. Cela expliquerait selon les astrologues qu'il se dégage du basilic, un influx dynamique, mais que, à l'extrême, il prédisposerait à la colère. Ils disent aussi que le basilic peut être cause de phénomènes physiques déplaisants, liés au système vago-sympathique. Selon eux le myrte, l'ortie, la pivoine généreuse sont sous l'influence de Vénus qui inculque la charité et l'amour mais est responsable des maladies vénériennes et comme Mercure des mentales (comme par hasards, les malades mentaux sont encore appelés lunatics en anglais). Le cerfeuil et la jusquiame sont sous l'influence de Jupiter, qui inculque sagesse et perspicacité. La joubarbe est attribuée à Saturne, les plantes héliotropes comme le tournesol sont attribuées au Soleil, la pivoine à la Lune et ainsi de suite.

Plantes et signes astrologiques:
La sauge et l'armoise sont associées au Bélier, le benjoin, le narcisse, la pervenche , le lilas, l'aubépine, la verveine au Taureau, le bégonia, le muguet, la lavande et le romarin aux Gémeaux, le noyer, le lis et le santal au Cancer, le chrysanthème , le cyclamen au Lyon, le jasmin et la jacinthe à la Vierge, le mimosa au Verseau, le seringa, le lis et le camélia aux Poissons, la capucine et l'orchidée au Sagittaire, le romarin au Capricorne, la rose, la violette et le chrysanthème à la Balance, les bruyères, la jonquille au Scorpion.

Parfums de plantes et astrologie:
Les différentes parties du corps humain, les organes internes, les organes des sens, les animaux, les métaux, les plantes, les drogues, les gemmes et même les parfums étaient aussi en correspondance avec les planètes, les étoiles, les constellations, les signes du Zodiaque. Ainsi pour les parfums: au Soleil étaient associées les parfums de l'héliotrope, de la lavande et de la rose, à la Lune ceux de la myrrhe, du muguet, de l'iris, du lis blanc et de la primevère, à Mars, ceux de l'aloès et du muguet, à Mercure ceux de la cannelle, de la verveine, de la lavande, à Venus ceux du safran, de la verveine, du lilas et du myrte, à Saturne ceux du benjoin et de l'encens.

Parfums magiques et astrologie:
Noémi Quid dans Rites secrets de l'envoûtement et du désenvoûtement dresse une liste des parfums magiques de plantes naturelles. En voici quelques exemples:

  • Le basilic permet aux Béliers du deuxième décan, d'exercer une influence à distance.
  • Le poivre favorise le mariage pour les Béliers du 3e décan.
  • La suave mélisse provoque la sympathie à l'encontre des Taureaux du 1er décan., la gingembre la chance aux natifs du 2e décan, tandis que la rose favorise les affaires de coeur, permet d'éviter les déceptions amoureuses pour les affaires de coeur.
  • La vanille aide les Gémeaux du 1er décan à affirmer leur personnalité et à obtenir les succès espérés, tandis que la menthe donne l'énergie nécessaire aux joutes amoureuses pour les natifs du 3e décan.
  • L'angélique donne de l'éclat et du rayonnement au Lions du 1er décan.
  • La citronnelle protège de la jalousie, évite les déceptions sentimentales et d'éventuelles défaillances sexuelles aux Scorpions du 3e décan.
  • La menthe aquatique donne force et vitalité, éloigne l'adversité pour les Capricorne du 3e décan.
TABLEAU DES CORRESPONDANCES PLANÉTAIRES

Planètes Eléments Couleurs Notes de
musique
Nombres
sacrés
Métaux Gemmes Parfums naturels Parfums composés, avec proportion
Soleil
Feu
Jaune or et Orangé
Do
6
Or
Chrysolithe, Diamant, Onyx, Rubis, Ambre, Topaze Héliotrope, Lavande, Rose Peau d'orange, 4
Feuille de guimauve, 1
Violette de Parme, 3
Lavande, 2
Lune
Eau
Blanc et Gris-bleu
Mi
9
Argent
Opale, Cristal, Pierre-de-Lune, Emeraude, Aigue-marine, Perle, Sélénite, Diamant Myrrhe, Muguet, Iris, Lis blanc, Primevère Safran, 3
Fleur de tilleul, 2
Cumin, 3
Feuille de chèvrefeuille, 2
Mars
Feu
Rouge
Sol
5
Fer
Rubis, Améthyste, Topaze, Aimant, Grenat, Cornaline, Sanguine Aloès, Oeillet Menthe, 4
Feuille de chanvre, 2
Feuille de lilas, 2
Ail entier, 2
Mercure
Eau-terre
Azur et Bleu tendre
Si
8
Vif-argent
Agate, Béryl, Corail, Jaspe, Sardoine, Marcassite, Oeil-de-chat Cannelle, Verveine, Muguet, Lavande Anis, 2
Datura stramonium, 4
Jus de pomme, 3
Ecorce d'acacia, 1
Ail, 1
Jupiter
Air
Bleu et Violet
Fa
4
Etain
Améthyste, Turquoise, Béryl, Saphir foncé, Emeraude Muscade, Musc, Giroflée Fleur de violette, 3
Graine de sésame, 3
Aloès, 2
Tige de chèvrefeuille, 3
Vénus
Air-eau
Vert
7
Cuivre
Emeraude, Agathe, Saphir clair, Perle, Béryl, Aigue-marine, Lapis-lazuli, Corail rose Safran, Verveine, Muguet, Lilas, Myrte Jus de pomme de pin, 3
Feuille de lis, 1
Lilas, 2
Rose, 2
Feuille de myrte, 3
Feuille de mandragore, 1
Saturne
Terre-eau
Noir
La
3
Plomb
Onyx, Jais, Corail noir, Perle noire, Cornaline Benjoin, Encens Racine de tabac, 2
Racine de mandragore, 4
Fève, 1
Graine de cumin, 1
Extrait d'opium, 1

Médecine et astrologie:
Agrippa , Bouelles, Cardan, Mizaud et bien d'autres ont puisé aux sources antiques et donné de longues listes de plantes, de pierres précieuses, de poissons, de mammifères avec des références aux planètes et aux signes correspondants. Ne sourions pas, cette façon de voir a dominé la médecine européenne des siècles durant et la médecine ne s'est pas définitivement affranchie de son asservissement servile aux grands maîtres et à l'astrologie avant la deuxième moitié du 18e siècle.

Nostradamus qui fit publier en 1555 à Lyon les 200 premiers quatrains de ses prophéties est plus connu comme voyant et astrologue que comme médecin, mais à l'époque toutes ces fonctions ne faisaient qu'une, en vertu de la correspondance étroite établie entre microcosme et macrocosme. Il passa son doctorat de médecine à Montpellier et exerça à Agen puis à Salon où il mourut. Dans son Herbier, publié en 1578, Thurneisser décrivait les correspondances entre les 7 planètes et les différentes parties des plantes: rhizome, feuilles, fruits... A l'époque beaucoup d'universités avaient leur chaire de médecine astrologique avec la bénédiction officielle de l'église. C'était notamment le cas à Vienne, à Marbourg, Wittemberg et à Cracovie et Rostock. Beaucoup pensaient comme Paracelse qu'un bon médecin devait être un bon astronome, et Mélanchthon affirmait: " Personne ne sera assez superstitieux pour nier l'utilisation de l'observation des astres pour la médecine ". Paracelse n'établissait guère de frontière entre médecine, astrologie, alchimie, occultisme, mais il préconisait l'examen au lit du malade et osait écrire: " Mes livres ne sont pas écrits comme ceux des autres médecins qui se sont bornés à copier Hippocrate et Galien; je les ai composés en me fondant sur l'expérience qui est la plus grande maîtresse de toutes choses (...) La pratique ne devrait pas se baser sur la théorie spéculative; la théorie doit dériver de la pratique. " En fait il faudra plus de deux siècles pour que le langage de ce précurseur de la clinique soit entendue et que naisse la médecine moderne.

Au 17e siècle les découvertes médicales ne sont pas beaucoup enrichies et ont eu peu d'impact sur la façon de soigner les malades. Même un apport capital comme celui de Harvey sur la circulation du sang qu'il expose en 1628 dans son De motu cordis et complète après 20 ans d'observations dans les Lettres à Riolan (1649) a eu du mal à s'affirmer. Puisque ni Hypocrite, ni Galien n'en avaient parlé, tous les tenants de la tradition se sont déchaînés contre lui. Les autres grandes découvertes se sont faites en anatomie avec la mise au point progressive du microcosme et au siècle suivant en physiologie avec l'étude de la fonction respiratoire par Lavoisier en 1777.
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