(Ginkgo biloba; Angl : ginkgo nut en anglais; Jap :ginnan ; Chinois : bai guo)

Le ginkgo est un arbre de 10 à 15 mètres de haut et plus, dont les origines remontent à quelques 150 millions d'années. C'est le seul exemple vivant des premières plantes à ovules. Eh oui! C'est un arbre qui pond des oeufs!

Le ginkgo porte à la fois des fleurs mâles et femelles, nettement différenciées qui se trouvent sur des pieds différents. Les pieds femelles, contrairement aux plantes plus évoluées qui ne synthétisent leurs réserves qu'une fois la fécondation faite, n'attendent pas et fabriquent de gros ovules bourrés de substances nutritives. Il faut qu'un grain de pollen apporté par le vent viennent les féconder et qu'un jeune embryon se forme, sinon l'arbre fournit en pure perte de faux fruits, des " prunes " qui pourrissent en dégageant une odeur très désagréable. Ce qui est le cas la plupart du temps, car peu d'ovules sont fécondés. Quand il y a embryon, il ne sait pas attendre, il germe aussitôt et poursuit sa croissance jusqu'à l'âge adulte sans interruption.


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En 1690, le botaniste allemand, Engelbert Kaempfer découvrit une espèce est-asiatique très particulière qui n'entrait dans aucune famille connue, ni aucun ordre connu. On s'est aperçu depuis que l'espèce remontait au jurassique moyen et s'était conservée intacte depuis à la façon d'un fossile vivant. Déjà, Kaempfer avait remarqué qu'au Japon on ne trouvait des ginkgos qu'à proximité des temples, car c'est un arbre sacré, et il en est de même en Chine. C'est peut-être grâce à cela que le ginkgo a été davantage préservé au cours des millénaires. Mais c'est surtout l'absence de glaciations quaternaires qui ont décimé la flore en Europe qui a permis au Japon, le maintien de milliers d'espèces disparues chez nous. Depuis, des spécialistes chinois ont découvert en 1946 dans une région reculée de l'Est de la Chine, un autre arbre que l'on ne connaissait qu'à l'état de fossile, le métaséquoia Hu et Cheng (Métaséquoia glyptostroboïdes), qui maintenant est planté dans des parcs.

Il y aurait en Chine dans la province de Shandong, sur le mont Fulai un ginkgo surnommé "l'arbre royal", vieux de trois mille ans, haut de vingt-six mètres, avec un tronc de seize mètres de diamètre. Et il serait toujours productif productif

Le ginkgo est décidément très résistant puisque, à Hiroshima, un ginkgo aurait résisté aux radiations de la bombe atomique.

Nous pouvons en admirer dans certains de nos parcs où ils ont été plantés comme arbre ornemental et où on les a baptisés " Arbres aux Quarante Ecus ", parce qu'au départ le coût de l'entretien des jeunes arbres était exhorbitant. Le premier à été introduit à Utrecht en 17I0, le deuxième à Londres en 1754 et un autre au Museum de Paris la même année. Celui du jardin des Plantes à Paris a la particularité d'être un ginkgo femelle sur lequel a été greffé un rameau mâle. Mais d'une façon générale, on a pris soin de ne planter que des ginkgos mâles pour éviter l'odeur pourrissante et nauséabonde des fruits. Mais la réputation de leurs noix n'a pas franchi le cercle des gastronomes d'Extrême-Orient.


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Les Japonais, et dans une moindre mesure les Chinois, sont très amateurs de ces " noix ".
Le fruit, une enveloppe pulpeuse, toxique; vert jaune et ovale, à l'odeur pourrissante et nauséabonde contient une amande comestible de la taille et de la forme d'une olive, blanche et lisse à la saveur curieuse mais délicieuse, mais qui a le malheur de rancir très vite.

Noix:
Vous trouverez les noix de ginkgo en conserve dans les épiceries asiatiques sous leur nom japonais de ginnan, ce sont des noix qui ont été émondées, et bouillies pour enlever la partie dure. Elles sont prêtes à l'emploi, pour accompagner des potages, des poissons ou des fruits de mer ou pour préparer des plats sucrés. Ces noix ont une saveur si particulière qu'on ne peut pas leur trouver de substitut.

Feuillles:
Les feuilles en éventail sont utilisées en pharmacie et en cosmétique et dans la fabrication de dentifrices gingivaux. On prépare une teinture brun clair à partir de l'écorce.

Attention!
  • Crus les fruits sont toxiques, ils peuvent provoquer des dermites par simple contact. Mais de toute façon vous n'en trouverez pas sinon lors d'un voyage.

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Asie:
En Asie, on les fait cuire sur des braseros au charbon de bois, et on les mange grillées comme des noix, ou on les ajoute à des plats à la vapeur, ou cuits dans du bouillon pour les parfumer.

Au Japon, les noix de ginkgo entrent souvent dans la composition des nabemono, des plats dont la cuisson se fait sur la table au milieu des convives qui trempent les aliments un par un dans le dashi, le bouillon fumant. Pour le tempura, le plat japonais le plus apprécié des Occidentaux, on enfile les noix de ginkgo par deux ou trois sur des brochettes de la taille d'un cure-dent. On les fait cuire aussi à la vapeur dans de la crème aux oeufs, ou à l'étouffée avec du poisson, des coquillages et des légumes.


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Ce sont les feuilles qui sont utilisées en pharmacie et en cosmétique. Elles contiennent des flavonoïdes très actifs, notamment des bisflavones et des hétérosides qui auraient une action antioxydante par capture des radicaux libres au niveau de la rétine et du cerveau. L'extrait concentré de feuilles régule la perméabilité capillaire, il a une puissante action vasodilatatrice, il active la circulation sanguine et abaisse la viscosité sanguine. Il est prescrit pour lutter contre le vieillissement, en cas de troubles circulatoires cérébraux, de perte de mémoire en stimulant la synthèse de la dopamine, en cas de troubles de l'équilibre en agissant sur la neurotransmission sensorielle, en cas de vertiges, baisse de l'audition.

Il est parfois conseillé aux femmes sous pilule contraceptive si jamais elles souffrent de troubles circulatoires.

Beauté:
De nombreux produits cosmétiques de grandes marques dont certains destinés à lutter contre la cellulite contiennent du ginkgo, souvent associé à du lierre.

Il entre également dans la composition de dentifrices pour les personnes ayant des problèmes de gencives et de déchaussement des dents.


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Asie:
Les peintres chinois représentent des oiseaux perchés sur des branches d'un ginkgo, arbre sacré, vivant longtemps, et c'est un symbole de jeunesse éternelle ou de printemps éternel. Cet arbre très ornemental, avec ses longs rameaux regroupés en bouquets et ses feuilles crénelées en éventail aux couleurs flamboyantes a inspiré nombre de poètes chinois ou japonais. La poétesse Hiosano Akiko compare ses feuilles à des " oiseaux tombés du ciel sur la colline au soleil couchant ".


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