Originaire de la Corée et de la région montagneuse chinoise du Changbai Shan, à la frontière de la Corée, le ginseng appartient à la famille des Araliacées. C'est une petite plante de 30 cm de haut, recherchée pour sa racine qui donne après des petites fleurs insignifiantes, de petites baies rouges, translucides, en grappes. Elle apprécie l'humidité de l'humus, au pied des pins de Corée et redoute l'exposition directe au soleil. Seule la racine intéresse les amateurs.

Linné lui a donné son nom botanique Panax ginseng. Panax signifie " panacée ", du grec pan " tout " et akos " remède ", et de fait le ginseng est le remède miracle de la pharmacopée chinoise depuis 4000 ans.

La plante a été décrite pour la première fois par un européen en 1711, par un jésuite, le père Jaroux en poste à Pékin. Il ne faut pas la confondre avec le Panax quinquefolia, sa pâle soeur canadienne découverte en 1715 par un autre jésuite français le père Lafitau, qui n'a pas les mêmes propriétés et est considérée comme un simple ersatz. Contrairement au vrai ginseng qui se reconnaît à sa belle couleur ambrée, la Panax quinquefolia a une peau ridée et jaune. Elle est cultivée aux Etats-Unis qui l'exportent aux communautés chinoises du monde entier. Dès 1784, un cargo en transporta toute une cargaison de New York à Canton.

La culture du vrai ginseng, pratiquée depuis quelques siècles en Corée dans les monts Sorak et plus récemment en Chine, dans les provinces de Jilin et du Heilongjiang, demande beaucoup de soins et surtout de patience. La plante est très sensible à de nombreux parasites. Il faut labourer la terre jusqu'à 15 fois pour l'assouplir et amener au jour des larves que seul le soleil peut tuer. L'emploi d'insecticide ferait perdre à la plante ses qualités. Elle ne supporte qu'une lumière irradiante. La croissance est lente, au bout d'un an, la racine n'est pas plus grosse qu'une

allumette. Au bout de trois ans, le ginseng doit être repiqué, les racines sont pincées à la main pour éliminer les bourgeons superflus. Les racines arrivées à maturité au bout de 6 ans ou 7 ans sont déterrées avec des tas de précautions pour ne pas abîmer les radicelles. Le champ utilisé ne pourra plus l'être pendant dix ans. On comprend donc que le ginseng, même cultivé, soit rare et cher, même s'il l'est moins que le ginseng sauvage. Certains agriculteurs français essaient d'acclimater la culture du ginseng en France.


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Pendant longtemps on ne proposa que le ginseng sauvage vendu du fait de sa grande rareté à des prix exorbitants: sept à huit fois son poids en argent au siècle dernier, et même à poids égal plus cher que l'or en 1902 d'après Monseigneur Favier, évêque de Pékin. Seule une minuscule frange de la société chinoise pouvait avoir accès à cette racine de vie dotée de toutes les propriétés thérapeutiques, préventives, énergétiques, curatives imaginables. On raconte qu'un empereur en offrit à des dignitaires prenant leur retraite. Ils crurent à une décoration et se contentèrent de porter les racines pendues à leur cou. Philippe Robrieux raconte dans son livre, Maurice Thorez, vie secrète et publique que Thorez qui croyait aux vertus de cette racine de longévité montrait volontiers à ses intimes une racine qui lui avait été offerte par Mao Tsé-Toung en personne.

En Corée, le ginseng était monopole de l'empereur qui envoyait chaque année des soldats à sa recherche. Pendant des siècles, la Chine a tenté a maintes reprises d'envahir la Corée pour se procurer ces précieuse racines. Du côté chinois, il y avait aussi, des francs-tireurs, des audacieux

qui allaient en grand secret dans les forêts de la zone frontalière, souvent au péril de leur vie, chercher les plantes miraculeuses. Les bandits les guettaient à leur retour et n'hésitaient pas à les attaquer pour les dépouiller de leurs trouvailles.

Au début du siècle, Michel Prichvine, un voyageur russe rencontra un de ces chercheurs de ginseng accompagné de six solides gaillards chargés de le protéger. Il eut aussi l'occasion d'en voir un vêtu " par-devant d'un tablier huilé pour se protéger de la rosée, et par-derrière d'une peau de blaireau lui permettant de s'asseoir sur le sol humide, pour se reposer ". Il raconte qu'il utilisait un bâton et un plantoir en os de cerf pour déterrer la plante, puisqu'il était interdit de toucher la plante avec du fer, et qu'il gravait une marque sur l'arbre au pied duquel il avait trouvé la racine.


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Vous trouverez plus facilement du ginseng en gélules, en ampoules, etc. faisant crouler sous leur poids les présentoirs des pharmacies, que des rhizomes. Pour cela, vous en trouveez également les boutiques diététiques ou les épiceries asiatiques, mais aussi dans les gandes surfaces et ... les sex-shops. Le ginseng sauvage appelé samsam en Corée est de plus en plus rare et son prix exorbitant, près de 500 000 francs pour un rhizome de deux siècles le met hors de portée. Le ginseng cultivé, le insam des Coréens, revient à environ 50 francs la racine.

Astuces:
  • Achetez de préférence du ginseng d'origine coréenne, vous ne risquerez pas de tomber sur du faux ginseng. La Corée produit plusieurs milliers de tonnes de vrai ginseng par an. Méfiez-vous du nizi japonais qui est un faux ginseng et qui n'a aucune des qualités du vrai.
  • Si vous l'utilisez à des fins médicinales, peut importe qu'il soit blanc ou rouge, car tous deux ont les mêmes propriétés. La différence est que le ginseng rouge a été séché, puis fumé avec du sucre, alors que le blanc a simplement séché au soleil.

Rhizomes:
Il est encore quasiment impossible de trouver des rhizomes de ginseng frais dont la saveur évoque celle de la réglisse chez nous, mais on en trouve séchés et mis en petits cubes ou en poudre, pour la préparation de tisanes et la cuisine et on dispose aussi de ginseng macéré dans de l'alcool pour la cuisine, de capsules et de gélules pour la santé. Les racines de ginseng confit se croquent telles quelles et en décoction quand elles sont séchées.

Extrait:
Ajoutées à de l'eau fraîche, quelques gouttes d'extrait suffisent à faire une boisson très rafraîchissante au goût de réglisse.
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Le ginseng peut être utilisé frais, en sautés, en émincés, ou séché. Dans ce cas, on ne détache de la racine que ce qui est nécessaire à la préparation pour qu'il garde toute son efficacité. Thé au ginseng, vin au ginseng sont recherchés et la cuisine au ginseng est très appréciée par ceux qui peuvent se le permettre, notamment avec le pigeonneau. Le ginseng séché à un goût particulier, très épicé. Il est utilisé dans la cuisine chinoise et coréenne comme du gingembre.


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En Europe il était utilisé autrefois sous le nom de " mandragore de Chine " au 18e siècle, comme léger tonique et aphrodisiaque. L'impératrice Alexandra soignait son fils hémophile avec du ginseng que lui avait recommandé Raspoutine.

Quel que soit le scepticisme des scientifiques occidentaux sur cette " panacée ", le ginseng, qui contient des saponosides et des stéroïdes, est incorporé à la nourriture des cosmonautes russes envoyés dans l'espace et le grand public, toujours en quête de l'éternelle jeunesse et d'amour a tranché puisque les rayons diététiques de nos pharmacies et de nos grandes surfaces sont littéralement envahis par le ginseng vendu comme fortifiant et reconstituant, indiqué en cas de fatigue surmenage, convalescence et pour améliorer les performances physiques et intellectuelles. Pas une marque qui ne propose du ginseng ou n'ajoute à ses polyvitaminés de l'extrait de ginseng " pour _ comme le dit Fabien Gruhier dans Les délices du Futur _ assaisonner le cocktail magique d'un soupçon aphrodisiaque de mythologie orientale. "

Mais les choses peuvent être plus graves "  lorsque des produits comme les yaourts, le germe de blé, le miel, les racines de ginseng, ou des apports massifs de vitamines sont élevées au statut de substances sacrées, et que les magasins diététiques deviennent des tabernacles, ou les fermes organiques des lieux saints presque autant révérés que La Mecque ou Lourdes ", écrivent Peter Farb et Georges Amrmelagos dans leur Anthropologie des coutumes alimentaires.

Attention!
  • Le ginseng est tonique, mais il ne guérit pas. Pris sur une courte durée, il stimule les défenses immunitaires et peut donnner un coup de fouet en cas de fatigue passagère, surmenage, convalescence, mais il ne faut pas en prendre plus de 2 grammes par jour et pour des cures ne dépassant pas deux à trois mois. Pris sur de longues périodes, ou à trop fortes doses, il peut entraîner des effets toxiques. 
  • Prenez-le de préférence le matin et le midi et non le soir. 
  • Demandez conseil à votre pharmacien et prenez des marques où le contenu et le mode d'emploi sont clairement indiqués, ce qui est loin d'être toujours le cas. La dose moyenne est de 1 gramme par jour. Vérifiez donc le nombre de milligrammes que contiennent les gélules ou les capsules.
  • Si le taux en ginoséïde_ mention non obligatoire_ est inférieur à 15 mg, vous n'en tirerez pas le moinbre effet dopant.

Médecine chinoise:
Le ginseng, aliment yang, herbe divine, racine de vie, a un pouvoir thérapeutique équilibrant et les Chinois comparent son effet sur l'organisme à l'activité céleste ou impériale. Toutes les propriétés que lui attribuent les Chinois peuvent sembler hétéroclites, mais peuvent se résumer au fait que c'est un puissant reconstituant énergétique, tonicardiaque, qu'il restaure les forces intellectuelles et physiques, et de ce fait passe pour aphrodisiaque. Enfin il accroît la résistance aux germes morbides, et il est donc recommandé pour combattre les effets du vieillissement et passe pour prolonger la vie.
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Les pouvoirs du ginseng lui viennent de la forme de la racine qui, aux yeux des Orientaux, ressemble à un petit homme filiforme, avec une tête, un tronc et quatre membres prolongés par des radicelles très fines qui s'enfoncent très profondément dans la terre. Ginseng qui est son nom cantonnais correspond en chinois classique à jin-chen, " plante homme ". Il tire son efficacité du fait que la racine ressemble à une sorte d'homoncule, qui capte les énergies telluriques, ressemblant donc à la mandragore.



" Tout au long de l'immémoriale histoire de la Chine _ écrit Jean-Marie Bourre dans son ouvrage La diététique de la performance _ bon nombre d'empereurs prirent du ginseng dans l'espoir d'assouvir tant bien que mal les mille concubines de la Cité interdite. Obligation rituelle et quasi protocolaire... Les historiens et les médecins se sont longtemps interrogés sur la toxicité de cette plante qui aurait modifié le cours de l'histoire asiatique, car la plupart des Fils du Ciel mouraient jeunes. Le ginseng au n'aurait-il pas pu provoquer des effets indésirables, à moins qu'il ne s'agisse d'overdose provoquées par les eunuques, rancuniers ou cupides qui trafiquaient gaillardement le infusions de ginseng en y ajoutant de la noix vomique. Car la noix vomique est une plante qui produit la strychnine, un excitant très puissant, mais particulièrement dangereux pour le système nerveux. "

Les premiers Européens à découvrir le ginseng l'ont baptisé la " mandragore de Chine " et lui ont attribué les mêmes vertus de racine de longue vie et d'aphrodisiaque en raison de sa forme en s'appuyant sur un système de correspondances et de signes que la médecine occidentale a rejeté depuis longtemps, mais pratiquait avec l'ancienne théorie des " Signatures ". Selon celle-ci, les vertus cachées d'un animal ou d'une plante sont révélées par leur apparence extérieure. Autrement dit la forme, la texture, et même la couleur d'un produit comestible peuvent indiquer s'il s'agit ou non d'un aphrodisiaque. L'exemple le plus connu porte sur la mandragore, citée dans la Genèse, dont les racines fourchues évoquent de façon étonnante des cuisses d'homme et un pénis. A défaut d'autre choses, iI semble en tout cas qu'en affermissant les nerfs, la mandragore peut avoir comme effet secondaire d'améliorer les performances sexuelles d'un amant trop émotif.

Selon les chinois, le ginseng est un aliment yang, il tonifie et réchauffe, et soigne le yin, il agit plus particulièrement sur le méridien des reins qui englobe les glandes surrénales et les organes génitaux. Il est donc aphrodisiaque, de même que d'autres épices yang telles que le girofle, le gingembre, la ciboule et la ciboulette chinoise, la cannelle, etc., et des aliments tels que les noix, l'igname, le lait de brebis, les viandes de cerf, de chien et de mouton ainsi que leur pénis, les moineaux, les nids d'hirondelle, les oeufs de pigeon, les vers à soie, les concombres de mer, les crevettes, les moules séchées, etc..

Virilité et immortalité vont de pair dans la voie taoïste du Yin et du Yang. Des rapports sexuels fréquents et prolongés, sans émission de sperme, permettent à l'homme de préserver son yang et d'absorber le yin de la femme. Associés à une alimentation adéquate, ils permettent d'augmenter l'énergie vitale, la santé et la longévité.


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