(Mangifera indica. Angl: dry mango powder; Hindi: amchoor ou amchur)

Le manguier de la famille des Anacardiacées comme le cajou ou le pistachier, est originaire de l'Inde orientale et de la région frontalière de Birmanie où on le connaît depuis 4000 ans. Il existe aujourd'hui des centaines et des centaines de variétés L'Inde a elle seule plus de mille espèces commerciales de mangues. Il y en a des vertes, des jaunes, orangées, roses, rouges ou violacées, des noires, des rondes, ovoïdes ou pointues, des petites ou des grosses, de 5 à 20 cm de long, de 300 g à 2 kilos.

Qui n'a pas vu de manguier en fleurs n'a pas vu de manguier ! Le manguier porte de janvier à mars d'abondantes grappes de fleurs, de 8000 à 9000 minuscules fleurs jaunes à rayure orange, les unes femelles, les autres mâles pour la plupart, et quelques unes bisexuelles, les plus parfaites. Malgré cette profusion florale, il est rare d'obtenir plus d'une dizaine de mangues par inflorescence. Les mangues dont la saison normale va de mai à juillet ont une chair plus ou moins orangée, elles sont plus ou moins juteuses, plus ou moins onctueuses ou fibreuses, sentent plus ou moins la térébenthine, et ont un noyau aplati et fibreux plus ou moins gros.


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Son nom vient du tamoul mangay qui a été transformé en manga par les Portugais qui auraient été les premiers à le greffer à Goa en Inde. Certaines parmi les meilleures comme les Alphonso, les Mulgoba, les Carreira, les Pairi portent le nom de ces pionniers portugais. Aujourd'hui la tendance est plutôt de les baptiser comme les cyclones, genre Auguste, José ou Lucie pour les variétés précoces, et Amélie, Cyrielle pour les variétés de saison.

Au 16e l'empereur moghol Akbar fit planter 100 000 manguiers dans les jardins de Darbangha au Bihar et son fils Sha Jehan libéralisa la pratique du greffage connue dès le 4e en Inde, mais jusque là réservée aux jardins royaux.

Dès le 15e siècle, le manguier quitta l'Asie et fut diffusé par les Portugais en Afrique, mais ce n'est qu'au 18e qu'ils l'introduisirent en Amérique tropicale, au Brésil puis à la Barbade. En 1782, un bateau français transportant une cargaison de mangues de l'île Bourbon à Saint-Domingue fut capturé par les Anglais, au large de la Jamaïque. Les noyaux abandonnés au hasard finirent par échouer sur les côtes et donnèrent naissance à des arbres qui se multiplièrent dans toutes les Antilles.

Il y a en Inde, au Punjab dans le petit village de Burail, un manguier devenu légendaire par sa taille gigantesque. Il fait plus de 20 m de haut, 10 m de circonférence, et ses branches font 4 m de circonférence et plus de 25 m de long. Il donne 17 000 kilos de mangues par an!

Le motif de la feuille de manguier est un grand classique de l'ornement des textiles et des cachemires indiens. Les miniaturistes indiens et les peintres auteurs des fresques murales qui ornent les enceintes, les cours intérieures, les salles d'apparat des haveli, les riches demeures de la région désertique du Shekawati au Rajasthan n'utilisaient que des teintures végétales, minérales ou animales. Ceux qui suivent toujours la tradition emploient du jaune obtenu en faisant évaporer de l'urine de vache nourrie pendant des jours et des jours de feuilles de manguier. Si vous n'avez pas vu de manguier en fleurs, faites-vous le plaisir de feuilleter un livre de miniatures indiennes, vous en verrez beaucoup dans les décors et vous ne les oublierez plus.


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Aussi bien les chansons populaires indiennes que les vers en sanscrit du grand poète Kalisada (4 - 5e siècles) évoquent la torture que cause le parfum des manguiers en fleurs aux coeurs brisés par l'amour.

Des festons de feuilles de mangue ornent les portes des maisons indiennes lors des fêtes en signe de bon augure.

On raconte que le Bouddha aimait à se reposer avec ses disciples à l'ombre fraîche d'un manguier. D'ailleurs dans une de ses vies antérieures, le Bouddha était né sous la forme d'un singe appelé Mahakapi qui vivait paisiblement avec toute une bande de singes dans un grand manguier au bord du Gange. Tous faisaient attention à ce que les fruits mûrs ne tombent pas à terre où ils auraient pu être découvert par des hommes et susciter leur convoitise. Hélas, un jour une mangue tomba dans le fleuve et le courant l'emporta jusqu'à Bénarès. Le roi qui se baignait, vit la mangue, s'en empara, la mangea et la trouva fort à son goût. Il donna l'ordre à ses soldats de trouver le manguier. Il fit cerner l'arbre par la troupe, et il ordonna à ses soldats de tuer tous les singes. Le Bouddha réussit à les sauver en faisant de son corps un pont enjambant la rivière, mais lui-même perdit la vie en voulant les sauver. Blessé à mort, il eut cependant la force de délivrer un sermon et de toucher l'âme du roi. Cette jataka, histoire d'une des vies antérieures du Bouddha, est superbement sculptée dans la pierre du stupa de Sanchi du 2e avant notre ère, et peinte dans une des grottes d'Ajanta du 6e siècle.


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Si pour la plupart, nous sommes maintenant familiarisés avec diverses variétés de mangues de diverses provenances, disponibles jusque dans les supermarchés, nous connaissons moins la mangue verte, très recherchée par les Asiatiques pour la fabrication de hors d'oeuvre, de chutneys, de pickles ou de sauces aigres-douces et encore moins les flocons de mangue ou la poudre de mangue.

Amchur:
Il s'agit de chair de mangue verte, séchée au soleil, coupée en tranches, puis réduite en poudre, utilisée comme épice. Vous la trouverez dans les épiceries indiennes, sous le nom de amchur.

Substitut:
Si vous n'en avez pas, remplacez-la par du jus de citron.

Tranches:
On utilise aussi de la mangue verte, séchée et salée, en tranches pour faire surtout des chutneys. Elle est en vente dans les épiceries indiennes.

Noyaux: Dans certaines régions tribales de l'Inde, les noyaux aplatis de la mangue sauvage ou cultivée sont rôtis, pulvérisés et macérés, et servent également de condiment. Ils contiennent 8% de protéines. On en fait aussi une farine pour les asthmatiques et pour lutter contre la diarrhée.


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Asie:
Elle donne un goût aigrelet, et plutôt acide aux soupes et aux légumes frits asiatiques. Les Indiens l'utilisent surtout dans des plats végétariens avec des légumes comme les ocras, les salades, les légumes secs, les dhals ou les chutneys. Elle est particulièrement indiquée avec les ocras, car elle neutralise le jus visqueux qu'ils rendent à la cuisson.


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La mangue est riche en sels minéraux, elle est aussi riche en vitamine C que les oranges ou les citrons, en vitamines B et A et en provitamine A. Elle en contient environ la moitié de la carotte. Mûre, elle est diurétique et laxative. La pulpe de mangue réduite au feu avec du sucre était recommandée jadis contre le choléra et la peste. On a attribué à la mangue une bonne trentaine de propriétés thérapeutiques, mais jusqu'à maintenant la chimie moderne n'a rien pu apporter pour les confirmer.

Médecine ayurvédique:
La mangue mûre peut provoquer des diarrhées, c'est pourquoi, pour éviter cela, on conseille de manger pendant le même repas de la cardamome et du ghee (beurre clarifié). La fumée, dégagée par les feuilles de manguier que l'on fait brûler, soulage le hoquet, les maux de gorge. La mangue verte est utilisée en ophtalmologie et la mangue mûre sert à faire un tonique pour le foie. Diverses parties de l'arbre sont utilisées pour stopper les hémorragies, et en cas de morsures de serpents ou de scorpions et autres insectes venimeux. De l'écorce une tire une gomme utilisée en pharmacie.

Attention!
  • Elle ne fait pas bon ménage avec l'alcool, ni avec le lait ! Elle peut causer des troubles gastriques

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Le manguier n'est pas seulement apprécié pour ses fruits et l'ombre fraîche de son feuillage abondant qui ne laisse passer ni chaleur, ni lumière. Les Indiens aiment assez le manguier pour lui avoir donné le qualificatif de kalpavriksha, " l'arbre qui exauce les désirs ". Le nom sanscrit de la mangue est amra, mentionné à maintes reprises dans les grandes épopées du Mahabharata et du Ramayana. Ce nom d'amra s'emploie parfois comme suffixe accolé à des noms de personnes, de lieux, et même de plantes pour marquer le prestige et l'adoration qu'ils engendrent.

Pour les Hindous, le manguier est une émanation du dieu Prajapati, le Maître des Créatures, et lors des rites qui lui sont dédiés ses branches sont utilisées comme brosses à dents et ses feuilles comme cuillères pour les libations. Ses fleurs, 8 à 9 000 par arbre, sont consacrées à la lune et sont les flèches de Kama, le dieu de l'amour, le Cupidon indien.


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