(Myrtus communis; Angl: myrtle ; All: myrte; Ital: morto; Esp: arrayan;
Arabe marocain: hadass)

Originaire d'Afrique, surtout répandu dans les régions méditerranéennes, en Afrique du Nord et en Asie, le myrte est de la famille des Myrtacées à qui appartiennent aussi le giroflier et le muscadier. Il pousse sur le littoral de la Méditerranée, dans les garrigues et les maquis jusqu'à 800 mètres.

Cet arbrisseau toujours vert qui peut atteindre 2 à 3 mètres de haut a des feuilles coriaces, luisantes, vert foncé, qui dégagent une odeur d'orange quand on les froisse. II porte dès mai des fleurs en houppettes d'un blanc pur avec des étamines saillantes jaune doré. A l'automne des baies sombres mûrissent . Les feuilles et les fruits ressemblent à ceux de l'airelle des pays septentrionnaux à tel point qu'on l'appelle cette dernière myrtille, "petite myrte".

Curieusement l'écorce rougeâtre de cet arbuste touffu devient verte en vieillissant, puis se fend.

En Provence on l'appelle nerto.
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Je fis une offrande sur le sommet de la montagne. Je disposai sept et sept vases rituels. Je répandis l'acore, l'huile de cèdre et de myrte. Les dieux en respirèrent l'agréable odeur. Comme des mouches, ils s'assemblaient autour du sacrificateur. "
Voilà ce que proclama Outa-Napishtim, le rescapé du déluge, dans l'épopée babylonienne de Gilgamesh du deuxième millénaire avant notre ère, en faisant un sacrifice de reconnaissance aux dieux et pour qu'attirés par ces effluves agréables, ils manifestent leur présence divine sur terre. D'après un autre texte ancien, les gardiens du temple du soleil, Shamash, s'enduisaient le corps d'huile de myrte lors de sa fête.

Des tablettes d'argile gravées en caractères cunéiformes témoignent de l'importance du commerce des aromates . Dès le 3e millénaire avant notre ère, ce négoce était dans les mains de la corporation des tamkaru, aidés de commis, les shammallu. Lettres d'affaires, comptes des marchands nous sont parvenus grâce à ces tablettes. Sur l'une d'elle, on a pu déchiffrer les ordres d'un commerçant à son commis: " Procure-toi pour moi les planchettes de cèdre dont tu m'avais parlé, trente kilos de myrte de bonne qualité, trente kilos de roseau aromatique et d'épaisses pièces de bois de pin, puis viens me retrouver à Babylone en me rapportant tout cela." Le cèdre était très réputé pour sa résistance et sa merveilleuse odeur. L'huile de cèdre et celle de myrte étaient utilisées dès le18e siècle avant J.C., par les Babyloniens des classes aisées pour s'enduire le corps, les gens moins riches se contentant d'huile de sésame.

D'après Hérodote, les Perses n'élevaient pas de statues, pas de temple, ni d'autel à leurs dieux, mais quand ils voulaient leur faire un sacrifice, il leur fallait s'orner la tête d'une couronne de myrte.Au 13e avant notre ère les Chypriotes étaient experts dans l'art de composer des parfums, dans l'art des cosmétiques, de la parure et du maquillage, et très réputés en Crète et dans le Péloponnèse, et au-delà. D'après des tablettes, ils utilisaient à côté de produits comme le nard indien, la cannelle, l'encens ou l'oliban qu'ils importaient de Syrie et de Phénicie, des gommes, des résines, des copeaux, des mousses, des racines, des fleurs, des baies d'essences indigènes, telles que le myrte, la marjolaine, le pavot, l'iris, le ciste, la mousse des chênes. Ils procédaient par expression des laines saturées de vapeur, la torsion de manchons de lins gorgés d'huile, la macération à chaud, l'enfleurage à froid.

D'après les peintures murales des Etrusques, en particulier celle de Tarquinia, les Etrusques, maîtres en matière de fumigations et de vins parfumés, qui dominaient l'Etrurie et Rome entre 675 et 475 avant notre ère, participaient à des banquets en l'honneur de leurs dieux et de leurs morts, le front ceint de couronnes de myrte, et buvaient de grandes coupes de vin muscadés et aromatisés. Ils appréciaient particulièrement les parfums au myrte, au pin, à l'encens, au labdanum qu'ils allaient jusqu'à mettre dans des bijoux creux qu'ils portaient sur eux.

Les Grecs l'offraient à leurs morts. " Ni libations, ni rameaux de myrte... " _ se lamentait Electre à la mort d'Agamemnom.

" Que ne puis-je toucher la main de mon amie. Elle aimait porter un rameau de myrte et la fleur de beauté, la rose... " _ soupire le grec Archiloque, célèbre à la même époque pour ses amours orageuses.

Dans le Rome primitive, avant que l'influence héllénistique se fasse sentir, les Romains n'offraient qu'un modeste tribut de blé et de sel à leurs dieux et lors des sacrifices, ils se contentaient d'offrir une branche de myrte ou de bois odorant avec quelques fleurs des champs. Mais plus tard, rapporte Sénéque: "Tous les parfums indiens et arabes étaient apportés aux autels et des vapeurs lourdes de senteur en débordaient."

Hautement apprécié des Grecs et des Romains à cause de ses baies aromatiques, le myrte servait d'assaisonnement et remplaçait le poivre. D'après Pline un plat était très en faveur à Rome, le myrtatium, un ragoût de porc ou d'agneau relevé avec force baies de myrte. Apicus conseille l'emploi du myrte avec du miel et du vinaigre ou de la moutarde pour conserver les raves, pour préparer des crépinettes de porc. Mais pour ceux qui pouvaient se le permettre le poivre remplaça peu à peu le myrte qui ne disparut malgré tout jamais complètement de la cuisine méditerranéenne.

Pline le conseillait pour stimuler la digestion, et du fait de sa richesse en tanin comme astringent , contre les hémorragies, la diarrhée, la leucorrhée et les chutes du vagin et du rectum.

Au cours des festins, les convives se couronnaient d'ache ( céleri ) et de myrte pour se protéger de l'ivresse. Horace écrit: " Remplissons les coupes de ce vin de Massique qui fait oublier les maux, tirons les parfums de ces larges pompes, et que l'on se hâte de nous faire des couronnes d'ac he et de myrte. "

D'après Dioscoride, on préparait du vin de myrte, le myrtadum. Lors des banquets de Néron, les vins de myrte, de rose, et d'absinthe que l'on buvait dans des coupes de bois odoriférants, les mirrhina coulaient à flots. Le prix de ces vins fut sévèrement taxé par Dioclétien en 301.

D'après Pline, le meilleur myrte dont on faisait de l'huile parfumée venait d'Egypte, et sa gomme ressemblait à la myrrhe d'où son nom. Mais attention, ce n'est pas une raison de confondre le myrte et la myrrhe, gomme-résine d'une Térébinthacée, le Balsamodendron myrrha, destinée comme l'encens à être consumée dans des cassolettes.

A l'époque de Martial, le parfumeur le plus renommé, Cosmus, avait mis au point des pastilles désinfectantes pour la bouche à base de myrte, de lentisque et de fenouil.

Vue la persistance de son feuillage, il a toujours eu la réputation de préserver jeunesse et beauté. La plupart des gens se contentaient de boire bien gentiment des infusions de myrte, mais d'autres avaient recours à des recettes pour le moins peu ragoûtantes. Ainsi un traité sur les cosmétiques du 16e siècle, Les Secrets de Maistre Alexys le Piémontais donne sa version d'une eau de toilette destinée à rendre les femmes " belles pour toujours ": " Prenez un jeune corbeau dans son nid, faites-lui manger des oeufs durs pendant quarante jours puis distillez avec feuilles de myrte, talc et huile d'amande ." Que ne ferait-on pas pour rester jeune! "

Nostradamus, Alexys le Piémontais, et les deux médecins parisiens Jean Liébaut et André Le Fournier donnent des formules assez déroutantes qui semblent parfois sortir d'un chaudron magique pour "faire sembler le visage plus jeune qu'il n'est, de sorte qu'à l'âge de cinquante ans, le front et les joues s'embleront l'âge de douze ans." Il faut dire qu'un grand nombre d'ouvrage français et italiens sur les cosmétiques fit florès au 16e siècle et que tous comprenaient quelques préparations susceptibles d'être exécutées avec les matières premières locales pour s'adresser à un large public contraint de respecter l'ordonnance de 1560 qui interdisait "à tous manants l'usage des parfums apportés des pays étrangers". Mais combien de ces formules, véritables recettes de cuisine et de magie à la fois nous semblent dégoûtantes. Ainsi comme le rapporte Ghislaine Pillivuyt dans sa formidable Histoire du Parfum, Catherine Sforza donne des compositions pour la jeunesse et l'éclat du teint dans son traité Experimenti où entrent "des mélanges de pigeons, de fleurs de lis, de térébenthine, de perles broyées, de camphre, d'oeufs frais, de miel ou de lait de nourrice d'un enfant mâle, le tout distillé avec une hirondelle non vidéé, avec ses plumes!" Rien on le voit qui ne soit susceptible d'affecter la balance du commerce extérieur, mais de quoi vous soulever le coeur, oui! 

"L'eau d'ange " obtenue à partir des feuilles et des fleurs par distillation était beaucoup moins diabolique, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir jadis une grande renommée pour les soins de beauté parmi d'innombrables formules proposées par les médecins parisiens Jean Liébaut et André le Fournier ," pour faire la face belle et blanche, ôter les tâches du visage, purifier et faire triompher la face." Comme l'eau de naphe ( eau de fleur d'oranger, confectionnée dans tous les couvents) ou l'eau de rose, on l'employait seule ou comme base dans des compositions plus complexes.

Rabelais devait aimer les soins parfumés puisque dans son utopique manoir de Thélème, des parfumeurs parcouraient les chambres tous les jours et fournissaient aux dames de l'eau d'ange, de l'eau de naphe, de l'eau de rose et une cassollette pleine de drogues aromatiques.

Sous Louis XIII et Louis XIV, les vins aromatisés à l'aide d'infusion de myrte, de sauge, de romarin, et d'aloès... étaient à la mode jusqu'à la cour.


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Tradition gréco-romaine:
En Grèce antique, il était d'usage de placer des couronnes de myrte, emblème des amours heureux et de doux plaisirs, sur la tête des nouveaux mariés. Aristophane dans Oppien, décrit la toilette d'une jeune fiancée frottée d'onguents par ses servantes, tandis que son fiancé, couvert de myrte est couronné de fleurs. La présence du myrte dans les couronnes de mariages a perduré pendant des siècles, et elle était encore en usage en Allemagne au siècle dernier.

Selon Pline, deux myrtes avaient "été plantés par Romulus, l'un vénéré par les patriciens, l'autre par le peuple" et " Lorsqu'à Rome, les nobles triomphaient, le mythe plébéien se fanait; lorsque le peuple triomphait, le myrte des patriciens se desséchait. " A Rome les gens qui devaient faire de longs trajets à pieds se munissaient d'un rameau de myrte ou une amulette, un anneau de myrte pour n'attraper ni ampoules, ni abcès. Rêver de myrte n'est pas un signe de bon augure. En astrologie, il est associé au Taureau et à la Balance.

Bienfaits et magie:
Le myrte est protecteur, et d'autant plus protecteur qu'il a été planté par une femme. Pour profiter au maximum de ses bienfaits, paix et joie, bonheur, il n'est rien de meilleur que d'en planter de part et d'autre de la porte principale de la maison et d'en prendre le plus grand soin.

Albert le Grand dit: "On a remarqué que si on fait une bague d'une verge de myrte nouveau, et qu'on se la mette au doigt annulaire, elle a la vertu de guérir des aposthèmes qui sont sous les aisselles." Par ailleurs il donne une curieuse recette de pomme d'amour où le myrte intervient à deux reprises: " ...vous irez un vendredi matin, avant soleil levé, dans un verger fruitier et cueillerez sur un arbre la plus belle pomme que vous trouverez; puis vous écrirez avec votre sang, sur un petit morceau de papier blanc, votre nom et votre surnom, et, en une autre ligne suivante, le nom et le surnom de la personne dont vous voulez être aimé, et vous tâcherez d'avoir trois de ses cheveux que vous joindrez avec trois des vôtres, qui vous servirons à lier le petit billet que vous aurez écrit de votre sang; puis vous fendrez la pomme en deux, vous en ôterez les pépns, et en leur place, vous y mettrez deux petites brochettes pointues de feuilles de myrte vert, vous rejoindrez proprement les deux moitiés de la pomme et la ferez bien sécher au four, en sorte qu'elle devienne dure et sans humidité, comme les pommes sèches de carême; vous l'envelopperez ensuite dans des feuilles de laurier et de myrte et tâcherez de la mettre sous le chevet du lit où couche la personne aimée, sans qu'elle s'en aperçoive et, en peu de temps, elle vous donnera des marques de son amour."


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On utilise les baies et les feuilles à la saveur âpre et résineuse, et les fleurs à la saveur poivrée, tous très odorants. Thoreau quand il évoque ses promenades au clair de lune à travers champs, parle de l'odeur de " petite confiserie " des baies de myrte.

Baies
Les baies en forme de rein, séchées et moulues, s'utilisent comme épice pour leur saveur âpre et poivrée qui rappelle le genièvre et le romarin, mais est plus résineuse. Les rameaux, très aromatiques, peuvent être mis sur un barbecue pour des grillades de porc ou de mouton.

Fleurs:
Les boutons floraux peuvent être mis dans des salades de fruit à condition de les avoir débarrassés de leur partie verte qui est amère. Elles ont une odeur aromatique poivrée.

Feuilles:
Elles gardent leur parfum même séchées. En les regardant par transparence, vous verrez qu'elles sont criblées de petites glandes à huile essentielle. Rien d'inquiétant à cela! Bien entendu, il y a comme il se doit une légende pour expliquer cette particularité. Phèdre, folle de désespoir après la mort d'Hippolyte, son beau-fils, aurait criblé de trous d'épingles les feuilles d'un myrte avant de s'y pendre.

Industrie:
L'écorce et les feuilles contiennent du tanin, de la résine, des acides citrique et malique et une huile essentielle qui contient du myrtol, très utile en parfumerie. L'huile produite dans les cellules glandulaires des feuilles est irritante.


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Méditerranée:
Assez dédaigné aujourd'hui, le myrte est encore à l'honneur dans la cuisine méditerranéenne, et principalement dans celle des îles comme la cuisine corse, sarde et crétoise. Il aromatise les grives ou merles rôtis ou en pâté, les farces, le ragoût de sanglier, l'agneau au four. Associé aux pistaches, on en trouve aussi dans la charcuterie, notamment certaines mortadelles.

Vous pouvez piquer un rôti de porc en fin cuisson d'une feuille de myrte.
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Les feuilles sont riches en vitamine C.

Infusion:
Le myrte est digestif. C'est un balsamique et désinfectant des voies respiratoires, bon pour la toux, le rhume, la sinusite, la bronchite et les bronchites d'irritation des fumeurs. En usage externe, il est antiseptique, astringent et cicatrisant. Il peut être utilisé en bains de bouche pour purifier l'haleine, en compresses, en lavements, en douches vaginales. Après un grand ébranlement nerveux, un accident, une chute, on peut se faire un bain rééquilibrant en ajoutant à l'eau du bain, une infusion de feuilles et de fleurs de myrte. Ce type de bain est encore usage dans les pays méridionnnaux contre les ecchymoses à la suite d'une chute, les entorses, les contusions.

Liqueur:
Les Corses ont mis au point le myrtéi une liqueur obtenue par macération des baies aux vertus stomachiques.

Beauté:
Les baies peuvent être utilisées en décoction comme lotion de rinçage des cheveux gras. Les feuilles en infusion donnent une lotion astringente.


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Mythologie gréco-romaine:
Autrefois consacré à la déesse de l'amour Aphrodite (Vénus ) et symbole de l'amour et protecteur de la vie sentimentale, le myrte avait chez les Grecs et les Romains la réputation de faire rajeunir et il servait aussi aux couronnes de mariage, et à décorer les salles de banquet pour les mariages à Rome. Les fleurs de myrte d'un blanc très pur leur valaient d'être un symbole de virginité. Au cours des festins, une branche de myrte passait de main en main et c'était pour chaque convive une invitation à chanter des vers érotiques. Le myrte est resté dans la tradition littéraire un emblème de l'amour et de ses plaisirs, et de la poésie amoureuse. Le myrte symbolisait aussi la victoire dans la mesure où elle avait été obtenue sans effusion de sang, ce que sous-entendaient les fleurs d'un blanc sans tache. Dans la hiérarchie des décorations, les couronnes de myrte venaient après les couronnes de laurier. Ceint d'une couronne de myrte, le vainqueur montait au Capitole et y sacrifiait une brebis sous les applaudissements de la foule.

Tradition perse:
Mentionné dans l'Ancien Testament et maints auteurs arabes, le myrte était aussi un arbre sacré pour les Perses. Chez les Perses Sassanides, si l'arbre de vie est un cyprès, et si Zoroastre se transforma en cyprès, chaque ange ou archange de la religion mazdéenne a une fleur pour emblème. Pour Ohrmazd c'est le myrte, pour Artavahist la marjolaine, pour Shatrivar c'est le basilic, la plante royale, pour Khordat c'est le lis..., tandis que les anges féminins ont pour emblème, l'iris, la rose aux cent pétales, le safran... Les tisserands Sassanides ont largement utilisé ce langage sacré des fleurs aux combinaisons illimitées dans leurs tissus.

Tradition hébraïque:
Pour les juifs, la fête de Souccoth, la fête des Cabanes, qui suit immédiatement celle du Kippour, symbolise la présence permanente de Dieu aux côtés du peuple de Dieu pendant sa marche dans le désert après sa sortie d'Egypte, et au cours de ses épreuves. Revivant la parole divine rapportée dans le Lévitique qui dit " Tout le peuple d'Israël habitera alors sous des tentes ou des abris ", les fidèles s'abandonnent à la protection divine et réaffirment leur totale dépendance à la volonté divine, en construisant d'éphémères cabanes en feuillages. Et ils arrangent en signe de gratitude un bouquet le loulav, image de la vie dans ses multiples avatars, composé d'une palme, de trois rameaux de myrte et deux de saule. Il doivent se présenter au temple, le jour de la fête commémorant la destruction du temple de Jérusalem, en tenant et en agitant le loulav dans la main droite et avec un cédrat, l'ethrogdans la main gauche. Le loulav et le cédrat forment les " quatre espèces " qui, comme l'explique Colette Estin, dans Contes et fêtes juives, " disent la terre, la fertilité, la stabilité. La forme phallique du Loulav et celle féminine de l'ethrog ont développé l'interpétration d'une union symbolique dans laquelle s'écoule le flux divin. Dans la Kabbale, les trois brins de myrte repésentent l'amour la magnificence et la force et les deux rameaux de saule le triomphe et la beauté, le loulav est "la fondation" incluant l'énergie sexuelle et l'ethrog la royauté. Mais selon une des interprétations les plus courantes, les quatre espèces correspondent à quatre différents types de personnalité existant parmi les juifs. Le goût symbolisant la connaissance, et le parfum les bonnes actions, le cédrat représente ceux qui ont les deux à la fois; le loulav a le goût mais pas de parfum , alors que pour le myrte, c'est l'inverse: le saule, qui n'a ni l'un ni l'autre, est comme les ignorants qui ne commettent même pas de bonnes actions. Dieu a décidé qu'il était impossible d'éliminer le dernier groupe; c'est pourquoi il désire que les quatre espèces soient liées ensemble afin qu'elles se compensent l'une l'autre. " La palme symbolise aussi la victoire, le saule l'exil d'un peuple humilié, le myrte la virginité et le cédrat l'abondance et la fécondité.


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