(Piper longum; Hindi : pilpali ) Appelé poivre long ou poivre de Java, il est connu en sanscrit sous le nom de pippali dont dérive le mot poivre. C'est une des premières épices d'Asie du Sud à avoir atteint la Méditerranée. On le cultive depuis les versants de l'Himalaya jusqu'à l'Inde du Sud. Il donne une inflorescence plus allongée que le poivre noir. Le poivre long se présente sous la forme de petits épis compacts et raides, brun noir, faits de toutes petites baies concrescentes densément groupées. Ces épis, longs de 4 à 5 cm et gros comme des plumes d'oie, sont récoltés encore verts et mis à sécher.


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Le poivre long devînt piperi, sous la plume de Théophraste, le Beau Parleur, disciple de Platon et d'Aristote et auteur au 3e siècle avant notre ère de Recherches sur les plantes, premier traité de botanique occidental. Théophraste y recense les plantes d'origine asiatique que les conquêtes d'Alexandre ont fait connaître. Il distingue les deux poivres: le poivre rond que nous connaissons tous, et le poivre long de saveur plus forte et qui était alors plus recherché que le rond (Piper nigrum) et qui a donné le mot " poivre ".

Pline l'Ancien, dont les descriptions sont parfois quelque peu fantaisistes, s'imaginait que le poivre long était une gousse et non une grappe compacte. Il rapporte que le poivre long était beaucoup plus cher, presque 4 fois plus cher, que le poivre noir. Il fallait payer 4 deniers pour le noir, 7 deniers pour le blanc, et 15 pour le poivre long. Quant en 176 avant J.C., les Romains imposèrent des taxes sur le poivre, ce fut seulement sur le poivre long et le blanc, non sur le poivre noir dont l'usage était déjà très répandu.

Les médecins arabes recommandaient de le mélanger à du sel et à de l'oignon écrasé pour en faire des emplâtres destinés à lutter contre la calvitie et à fortifier le cuir chevelu.

En Europe, il eut son heure de gloire au Moyen Age. Comme le Ménagier de Paris, Taillevent le mentionne à de nombreuses reprises dans son Viandier. Il le fait rentrer dans un mélange d'épices composé, dans la " chaudemer ", une matelote et dans de nombreuses sauces. Citons la sauce " cameline ", la sauce "chaude", la " saulce à garder poisson de mer " qui comprend "  fleur de canelle, gingembre, poivre lonc, girofle, graine de paradis, safran, et nois mugaites "...

Avant de devenir au 16 et 17e siècles l'épice dominante, le poivre a eu du mal à s'imposer face au poivre long. Dans les livres de cuisine destinés à l'aristocratie au 14et 15e siècles, et en France plus particulièrement, le poivre long, chaud et sec au troisième degré seulement, est préféré au poivre rond chaud et sec au quatrième degré au même titre que l'ail et la moutarde, et donc jugé impropre à l'estomac délicat des élites sociales. Lorsqu'on employait ce dernier c'était toujours en l'associant à d'autres épices pour en modérer la force. Ce qui n'empêchait pas que le poivre rond, moins cher que le poivre long d'être massivement importé par les marchands vénitiens pour une clientèle plus large.

Par la suite le poivre long, jugé trop âcre passera de mode si bien que l'on voit Mlle de Montpensier froncer un peu le nez dans ses mémoires sur les goûts de la reine Marie-Thérèse qui " affectionnait un bouillon noir qui sentait le rance... il était fait avec du poivre long et toutes sortes d'épiceries, des choux et des navets ".

Depuis l'introduction des piments en Inde, et dans le reste de l'Asie et du monde, il a été grandement supplanté par ces derniers, d'autant plus qu'ils lui ressemblent par la forme et surtout par le goût. Quand on découvrit le piment dans le Nouveau Monde, on lui donna un temps le nom de piment qui était à l'époque le nom qui désignait en espagnol le poivre.


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Vous ne le trouverez que dans les magasins spécialisés en épices sous le nom de poivre long ou de poivre de Java. Ce n'est pas un grain, mais un petit épi que l'on utilise entier. En effet, le poivre long se présente sous la forme de petits épis compacts et raides, brun noir, faits de toutes petites baies densément groupées.


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Plus piquant que le poivre noir, sa saveur rappelle les piments, avec une note très légèrement sucrée. On l'utilise toujours entier, sans que l'on sépare les petites graines, dans des plats en Indonésie, dans les pickles en Inde ou en Angleterre, des sauces anglaises, des saumures et des conserves.


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Médecine ayurvédique:
Les Indiens emploient le poivre long de saveur piquante et de nature chaude, en cas d'indigestion, dans le traitement de l'asthme, et celui de l'obésité.


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