(Rosmarinus officinalis. Angl: rosemary; All: rosmarin; Esp: romero; Ital: rosmarino)

Le romarin, appelé également encensier, herbe aux couronnes, ou rose marine, herbe aux troubadours est un arbuste à feuillage persistant, très aromatique de la famille des labiées, qui préfère les sols, légers, calcaires, très ensoleillés. S'il préfère le climat de la Méditerranée, il pousse aussi dans des endroits beaucoup plus au nord à condition d'être placé dans un endroit chaud, sec et bien abrité, dans un sol bien drainé. On peut le cultiver sous forme de buisson épais ou l'appuyer sur un mur ensoleillé où il atteint 1,50 m de haut. On peut aussi le cultiver en conteneur à l'extérieur et le rentrer pendant les grands foids de l'hiver. Il serait synonyme de " rosée marine ", parce qu'il se plaît près du bord de la mer.

Très décoratif, il porte des fleurs toute l'année dans les régions méditerranéennes dont il est originaire, et de mars à octobre dans les régions septentrionales. Ces petites fleurs bleuâtres, parfois presque roses qui apparaissent à partir du début du printemps jusqu'en automne sont très appréciées des abeilles. Les feuilles étroites en aiguilles ont une face vert foncé, et une face inférieure blanchâtre, duveteuse aux bords recourbés avec des poils très fins.

L'huile essentielle aromatique de cette labiée est stockée dans des espèces d'ampoules contenues surtout dans les poils microscopiques juste à la surface des feuilles et des calices des fleurs. De la sorte, le parfum est libéré par simple toucher, par une simple brise ou le contact des vêtements, ce qui explique la coutume ancienne de planter du romarin à l'entrée des maisons. Le romarin abonde sur les côtes de la Corse et on sent son parfum très loin en mer.


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On a retrouvé du romarin dans les tombes égyptiennes des premières dynasties. Dioscoride et Pline tenaient le romarin en haute estime, comme plante médicinale et condimentaire. Mais il était bien plus que cela ! C'était une plante sacrée pour les Anciens, un symbole d'amitié, d'amour, de fidélité. Les Grecs le nommaient dendrolivanon, ce qui signifie " l'arbre à encens " et le faisait brûler avec le thym sur les autels de leurs dieux. Les Romains qui l'appelaient " rosée marine ", nom qu'il a conservé en allemand et en anglais, estimaient qu'il assurait un séjour paisible aux morts dans l'au-delà et portait bonheur aux vivants. Ils le déposaient sur les tombes et en brûlaient des rameaux en guise d'encens au cours des cérémonies funéraires et religieuses. Ils en tressaient des couronnes pour les mariages.

Au Moyen Age, on en plantait dans les jardins, notamment dans les couvents où on cultivait les simples. On faisait brûler du romarin dans la chambre des malades pour purifier l'air, et lors des épidémies, on en mettait dans son jabot ou dans la poignée creuse de sa canne pour pouvoir en respirer à tout moment et chasser les miasmes. On en jonchait le sol des bâtiments pour combattre l'odeur de cave qu'ils exhalaient faute d'aération et d'isolation suffisante. On en plaçait dans les armoires à linge et les bibliothèques pour chasser les insectes. On faisait brûler des rameaux de romarin dans des bassinoires bourrées de braises pour parfumer et purifier la couche tout en la réchauffant. Dans les rince-doigts, on mettait une décoction de romarin, de sauge, de marjolaine ou d'écorces d'orange.

Le roi Louis XI l'appréciait sous forme d'infusions calmantes. D'autres l'utilisaient en lotions capillaires ou pour entretenir la jeunesse et la santé de la peau. Les médecins le préconisaient dans le traitement des hémorroïdes, des rhumatismes, de l'épilepsie, des troubles du foie, des migraines, vertiges, palpitations, oppressions, nervosité. Ils l'utilisaient pour le traitement de la calvitie et l'entretien de la chevelure. Si beaucoup de villages avait des femmes connaissant bien les plantes et leurs usages médicaux, il ne faut pas oublier qu'à une époque certaines furent taxées d'hérétiques propageant des superstitions païennes et finirent sur le bûcher. Ces " sorcières " étaient accusées d'utiliser le romarin dans des mixtures à but abortif et déjà les Anciens l'avaient interdit aux femmes enceintes pour ne pas provoquer de fausses couches.

Vers 1390, apparut à Montpellier alors grand centre des parfums le premier parfum composé, ce qui était alors une grande nouveauté et une petite révolution scientifique. C'était " L'Eau Hongroise " à base de romarin, de cèdre, de térébenthine et d'alcool.

L'Eau de la reine de Hongrie, aujourd'hui complètement tombée en désuétude, connut une très grande faveur, surtout au 17e siècle, comme élixir de jeunesse. Elle aurait permis vers la fin du 14e siècle, à Isabelle, reine de Hongrie, septuagénaire et marquée par la maladie de retrouver la santé et une nouvelle jeunesse. Elle aurait déclaré: "  Moi Donna Izabella, reine de Hongrie, âgée de soixante et douze ans, infirme des membres et goutteuse, ai usé un an entier de la présente Recette, laquelle me donna un Hermite que je n'avais jamais vu, et n'ai su voir depuis, qui fit tant d'effet sur moi, qu'à même temps je guéris et recouvrai les forces, en sorte que paraissant belle à chacun, le Roi de Pologne me voulut épouser: ce que je refusai, pour l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, croyant que cette Recette m'avait été donnée par un Ange ". Pas mal, comme promotion !

La composition de la " vraie " Eau de la reine de Hongrie varia au cours des siècles, mais resta l'objet de nombreuses spéculations, ce qui ne pouvait qu'ajouter à son attrait. Antoine Daquin, médecin de Louis XIV fit obtenir à Sébastien Matte la Faveur, distillateur et démonstrateur de chimie à la faculté de Montpellier, le brevet pour la vente de l'eau de Hongrie à Paris chez le " sieur Daumont, rue de la Huchette à l'enseigne du Messager de Montpellier " en 1678. Quand au 18e siècle, le père Rousseau, capucin et médecin du roi, en révéla la " vraie " composition, il avait été précédé par la mère du superintendant Fouquet qui en avait donné déjà sa recette personelle dans son Recueil de remèdes faciles et domestiques édité en 1678. On apprit donc qu'elle tenait l'essentiel de ses vertus des fleurs de romarin distillées et fermentées avec du miel et que " même elle s'en lavait le visage, ce qui la rendit plus belle."

On l'utilisait en eau de toilette pour avoir la peau douce, un teint frais et jeune, mais aussi en usage externe contre les rhumatismes comme Louis XIV quand il souffrit "d'un rhumatisme qui lui occupait l'épaule et le bras", en infusion ou avalée dans une boisson ou un aliment pour régulariser les fonctions du foie, des reins, des ovaires et contre toutes sortes de troubles nerveux. Beaucoup de dames ne se séparaient jamais de leur Eau de la reine de Hongrie, telle Madame de Sévigné qui écrit à sa fille, Madame de Grignan: " Elle est divine; je vous en remercie encore; je m'en enivre tous les jours; j'en ai dans ma poche. C'est une folie comme le tabac; quand on y est habitué on ne peut plus s'en passer... " Et dans une autre lettre, elle écrit: "J'en suis folle, c'est le soulagement de tous les chagrins ". Mais quelques années plus tard, après en avoir usé et abusé, elle déchantait et en 1676, elle écrit: " Elle me fit beaucoup de mal, je vous en avertis, mais c'est toujours la folie de bien des gens et de moi-même quelquefois." Cela ne l'empêcha pas d'avoir une nouvelle toquade et de s'emballer bientôt pour une autre eau miraculeuse, l'eau d'émeraude à base d'esprit de vin et de plantes fraîches. Elle l'essaya quelques jours après l'avoir reçu en 1685 des capucins du Louvre alors qu'elle souffrait d'une jambe. Elle écrit avec l'emballement dont elle était coutumière: "Je marche tant que je veux, cette eau est si agréable que, si je ne la mettais sur ma jambe, je la mettrai sur mon mouchoir."

Madame de Maintenon fit envoyer des eaux aromatiques à Saint-Cyr, avec ce conseil: " Voilà des senteurs que l'on y croît bonnes. Frottez le nez tous les matins à nos petites pensionnaires avec de l'Eau de la Reine de Hongrie. "

L'alcool n'avait pas encore un grand degé de concentration. Saint-Simon raconte qu'au cours de l'hiver 1709 le froid avaIt cassé les bouteilles d'eau de Hongrie contenues dans les armoires du château de Versailles. Comme l'alcool contenait de l'eau, il avait gelé.

Dans son livre intitulé La Chimie charitable en faveur des dames, Marie Meurdrac passe en revue diverses eaux aromatiques et fait l'éloge du romarin: " Ce n'est pas sans raison que les philosophes lui ont donné l'avantage sur tous les autres végétaux. Il s'accomode aux infirmités des hommes, échauffe les froids, tempère les chauds, c'est un antidote universel à toutes sortes de maux, j'en ai fait des cures admirables."

Le romarin rentrait dans la composition de beaucoup de remèdes représentatifs de l'ancienne pharmacopée: le baume Tranquille, appelé le "baume souverain" par la Marquise de Sévigné qui s'en était entichée bien qu'à l'époque il ait été corsé "d'autant de gros crapauds qu'il y a d'huile", le baume Opodeldoch d'origine anglaise très réputé contre les entorses et les rhumatismes, l'alcoolat vulnéraire, le vin aromatique. Le romarin entrait aussi dans la composition du célèbre " vinaigre des quatre voleurs ", célèbre d'abord dans la région toulousaine, puis au-delà, pour protéger de la contagion et des épidémies.

Déja conseillés par le médecin anglais sir Richard Mead comme toniques et antispasmodiques, les vinaigres aromatisés avec du romarin, de la lavande, des clous de girofle, des racines d'angélique, de la rose, de la capucine, de la bergamote... connurent une très grande vogue. On s'en frottait le visage et les mains pour rafraîchir et tonifier la peau où on le laissait s'évaporer dans une pièce pour profiter de ses exhalaisons bénéfiques. On le recommandait aussi contre les vapeurs. Les officiers de santé portaient sur eux de petits flacons de divers vinaigres odorants, comme par exemple le " vinaigre des quatre voleurs " pour se protéger des épidémies. Ces vinaigres étaient également contenues dans de petites boîtres appelées " vinaigrettes ". Elles pouvaient être carrées, rectangulaires ou en forme de coeur, de poire, d'oeuf, de papillon, de poisson, de livre...

Les parfumeurs savaient pertinement que les vinaigres odorants n'égaleraient jamais les esprits parfumés, mais ils s'inclinèrent face à la demande qui ne faiblissait pas et tous les traités de parfumerie de la deuxième moitié du 18e siècle se devaient de comprendre un chapître sur les vinaigres. Cet engouement pour les vinaigres de toilette, surtout ceux aromatisés aux fleurs de romarin, à la rose, à la girofle, la capucine et la rose continua pendant le 19e siècle. Le sieur Maille qui se disait vinaigrier-distillateur du roi de France et de l'empereur d'Allemagne ne proposait pas moins de quatre-vingt-douze vinaigres "utiles pour la santé et pour la propreté", parfumés par infusion ou par distillations de plantes dans son officine de la rue Saint-André-des-Arts. A ses débuts la maison Guerlain fut lancée sous la raison sociale de " parfumeur-vinaigrier " tellement les vinaigre de toilette des maisons Maille et Bully étaient prisés.

Dès la deuxième moitié du 18e siècle, les bains jusqu'alors proscrits par les médecins comme nuisibles à la santé et facteurs de propagation des épidémies et par l'église comme incitation à l'oisiveté, à la débauche, atteinte à la pudeur, furent à nouveau autorisés. Alors qu'au début du siècle, les parfums masquaient la crasse et la saleté, les odeurs corporelles, la mode était maintenant passée au naturel et à un nouveau désir de propreté. On commençait à se rendre compte de l'ambiguité des parfums et des limites de leur utilisation en lieu et place d'hygiène. Ce qui fera dire à Mme de Genlis que " l'on était naturellement porté à penser que les femmes qui laissaient après leur passage une longue trace de musc et d'ambre avaient besoin de masquer quelque défaut repoussant. " On a assisté à ce qu'Alain Corbin a qualifié d'une véritable " révolution ofalctive " dans Le miasme et la Jonquille.

En 1755, Malouin recommandait d'aromatiser l'eau du bain avec un mélange d'essence de romarin, de terébenthine, d'eau de lavande et de carbonate de soude. Certes seuls quelques privilégiés possédaient une baignoire, mais il y avait à Paris en 1773 sept établissements où l'on pouvait " prendre des bains aromatiques de santé ou de propreté à différents prix ". On pouvait aussi louer une baignoire à domicile avec son contenu d'eau chaude et de quoi l'aromatiser.

Le romarin rentre dans la composition de l'eau de Cologne dont Gian Maria Farina hérita la formule en 1736 qu'il transmit à ses descendants et qui est toujours utilisée de nos jours. C'est un alcoolat à base de romarin, d'orange, de bigarade, de citron, de bergamote, de néroli. L'armée française en garnison dans la ville de Cologne au cours de la guerre de Sept Ans contribua au début de son succès en France.


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La légende dit que lors de la fuite en Egypte, la Vierge Marie fit une halte à côté d'un buisson de romarin. Elle y aurait étendu les langes de l'enfant Jésus et son voile, et c'est depuis que depuis les fleurs de cet arbrisseau, autrefois blanches, sont devenues bleues et s'épanouissent le jour de la Passion. Les foyers qui prennent soin d'en parfumer toute la maison le Vendredi saint, se mettent sous la protection de la Vierge. Par ailleurs, le romarin, dit-on, grandit jusqu'à 33 ans, l'âge atteint par Jésus au cours de son existence terrestre, après quoi il ne grandit plus et ne dépasse jamais la taille d'un homme adulte de façon que tous ceux qui veulent sentir son parfum puissent en profiter.

Un dicton de chez nous prétend que là où fleurit le romarin, l'épouse fait la loi, et d'après la tradition anglaise, le romarin ne prospère que dans les jardins des maisons où c'est l'épouse qui " porte la culotte ".

Les palmes de l'Évangile en branches de romarin bénies à la grande messe des Rameaux évitent que la foudre ne s'abatte sur une maison. Elles ont aussi la réputation d'être bénéfique, de protéger du mauvais oeil, d'attirer le succès.

Un peigne taillé dans du bois de romarin est censé favoriser la pousse des cheveux.

Un couplet incontournable de notre folklore français reste le fameux:

 " J'ai descendu dans mon jardin Pour y cueillir du romarin: Je n'avais pas cueilli trois brins Qu'un rossignol vint sur ma main. "

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Feuilles et sommités fleuries:
Elles ont un arôme plus subtil quand elles sont utilisées fraîches, mais gardent beaucoup d'arôme même séchées. Le nom provençal du romarin, " encensier ", est parfaitement justifié car son parfum rappelle un peu à celui de l'encens. Outre son odeur agréable, le romarin a l'avantage d'éloigner les insectes.

Rameaux:
Les jeunes rameaux, débarrassés de leurs feuilles, découpés en bâtonnets, peuvent servir de brochettes pour enfiler viandes, poissons ou légumes dans la cuisine de plein air, ou parfumer feux de bois ou barbecues. Il dégage un arôme délicieux quand on le fait cuire sur des braises.

Astuces:
  • Très fort et envahissant, le romarin doit être utilisé avec discrétion pour ne pas éclipser les autres saveurs. Et si vous utilisez du romarin en poudre, agissez avec encore plus de doigté, car il se montre vite amer.
  • Attention, le romarin séché dégage parfois un parfum légèrement moisi.
  • Si vous voulez l'ajouter à une sauce, placez-le dans un nouet, ce qui vous évitera d'aller à la pêche, puisqu'il faut retirer ses aiguilles pointues avant de servir.
  • Vous pouvez mettre quelques brins de romarin dans un pot de sucre en poudre pour avoir du sucre au romarin. L' emploi du romarin ne se limite pas au salé, il peut entrer dans des confitures ou des gelées, ou parfumer des pâtes à gâteaux.

Huile essentielle:
L'huile est utilisée en parfumerie. De fait, la composition de l'essence est très complexe avec du pinène, du camphène, du cinéole, du bornéol, du camphre. Le parfum puissant des feuilles est dû à la présence d'alcools, tel le bornéol qui leur donne une odeur résineuse d'aiguilles de pin. Le romarin a une saveur amère due à la présence de picrosalvines et d'acides phénols dont l'acide rosmarinique appelé aussi acide labiatique. Ce dernier a des effets antioxygènes, et il a l'intérêt d'empêcher le rancissement des graisses. Les charcutiers, aussitôt après l'abattage du porc, font chauffer le saindoux avec un bouquet de romarin qui apporte son parfum et assure une meilleure conservation

Le-saviez-vous?
  • L'huile de romarin sert à restaurer les vielles icônes.

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Europe:
Ambroise Paré le déclarait déjà " fort propre à accoustrer les viandes et faire les sausses ". En Espagne et en Provence, on faisait brûler du romarin pour cuire le pain.

Il entre dans la composition des bouquets garnis et des mélanges d'épices composés. Il est utilisé de la même manière que le thym, et plus encore dans la cuisine provençale, italienne ou espagnole, avec les viandes grillées ou rôties, surtout avec le gigot d'agneau, le mouton et le veau, le lapin, le sanglier et le gibier, les poissons au four, les crustacés, les roux, les sauces à la tomate, les sauces à l'escabèche.

Les Italiens et les méridionaux y ont aussi recours dans toutes les macérations pour les olives noires, avec les fromages de chèvre à l'huile, dans les gâteaux de châtaignes.

Le romarin a beaucoup voyagé. Il accompagne le cochon de lait rôti à la broche jusque dans les Balkans. Il relève la soupe de tortue des Anglo-Saxons.

Mettez un brin de romarin dans l'huile dans laquelle vous ferez rissoler des pommes de terre, dans le beurre ou vous ferez fondre des oignons pour un ragoût de veau ou de lapin. Une huile d'olive dans laquelle vous aurez fait macérer deux brins de romarin, se mariera avec bonheur à une chicorée ou une salade de haricots secs. Pensez-y, puisque le romarin est l'herbe du souvenir, ou peut-être préférez-vous un bloc-notes!

Attention à ce que ses aiguilles ne se retrouvent pas sous le palais des convives.

Amérique du sud:
Si les Allemands parfument au romarin leurs saucisses à l'oignon, les " Knackwürste ", à l'autre bout du monde, les Latino-américains font de même pour les " romeritos ", des petits pains de maïs fourrés aux crevettes. Manié avec doigté le romarin peut aromatiser certains légumes, comme les champignons, l'aubergine, la courgette, le fenouil, la pomme de terre ou la patate douce.


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Le romarin résiste aux hivers les plus rigoureux et ses branches restent vertes longtemps après avoir été coupées, c'est pourquoi on a pu y voir un symbole d'éternité, l'herbe du souvenir, de la mémoire dont il renforce la fidélité et la qualité.

Horace écrit: " Si tu veux gagner l'estime des dieux, porte leur des couronnes de romarin. " Les Romains se ceignaient le front de couronnes de romarin lors des mariages et des funérailles et ornaient de romarin leurs dieux-lares.

Au Moyen Age et des siècles durant, les futurs époux se devaient d'avoir un bouquet de romarin le jour de leurs noces. On en tapissait le sol des églises à l'occasion des funérailles et des mariages. Sheakspeare évoque dans Roméo et Juliette la coutume qui consistait à jeter un brin de romarin sur le cercueil au moment où on le descendait dans la tombe. Dans Hamlet, il fait dire à Ophélie: "  Voici du romarin, c'est pour le souvenir. " C'est bien parce que le romarin avait la réputation de renforcer la mémoire et était un symbole de fidélité, que la princesse de Clèves porte " une couronne de romarin enrichie d'or ". Sir Thomas More écrit: " Quant au romarin, je le laisse courir sur les murs de mon jardin, non seulement parce que mes abeilles s'en régalent, mais parce qu'il est l'herbe dédiée à l'amour et au souvenir et donc à l'amitié.

Le romarin apparaît comme un symbole lié à une promesse de renaissance, de rajeunissement et parfois même de Résurrection de la chair. Autrefois en Sicile, on fabriquait avec des rameaux de romarin une poupée représentant un malade et on le portait à l'église pour le faire bénir dans l'espoir de hâter la guérison du malade. Saviez-vous que les Touaregs après un dur voyage, prennent trois jours durant du romarin pour " renaître à la vie "? Est-ce le même symbolisme que l'on retrouve dans le dernier couplet de la chanson " Malborough s'en va-t-en guerre ", repris en choeur par des générations d'enfants faisant la ronde dans les cours d'école:

" Alors dessus sa tombe,
Mironton-Mironton-Mirontaine,
Alors dessus sa tombe,
Romarin on planta.
 "


Aphrodisiaque ? Il avait la réputation de rendre joyeux et d'inciter à l'amour et à la passion qui en a sur soi quelques rameaux. Les phytothérapeutes continuent à le prescrire en cas de fatigue sexuelle.


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