La Rosa gallica officinalis est un des plus anciens rosiers cultivés. Il atteint 60 cm de hauteur et se contente de tailles très limitées. C'est une rose rustique d'un rouge profond et velouté, connue déjà en Grèce et en Italie dans l'Antiquité. Elle est de la famille d'un églantier sauvage à fleurs doubles des régions méridionales de L'Europe et de l'Asie occidentale.

Sous le nom de rose de Provins, rose rouge, rose de France, on trouve des Rosa gallica à fleurs très doubles et d'un rouge sombre qui sont des roses rouges de différentes provenances, d'Iran notamment, pays fameux pour sa production d'eau de rose.

Il existe d'innombrables variétés de roses, obtenues par croisements. Toutes dérivent d'hybridation de très anciennes espèces cultivées comme la rose de Provins, ou sauvages comme l'églantier. C'est le cas de la rose blanche (Rosa alba) et de la rose de Damas (Rosa damascena) ainsi que de la rose pâle à cent feuilles (Rosa centifolia).

Ce n'est qu'à partir de 1860 que l'on a commencé à importer des roses thé de Chine, appelées ainsi parce qu'elle sentent la feuille de thé fraîche. Il se crée de nouveaux hybrides sans arrêt et on a déjà largement dépassé les 20 000 espèces.

La rose centifolia et ses hybrides telles que la rose de mai grassoise sont cultivées en France, en Italie et au Maroc dans la région de Kalaa el M'Gouna. La rose de Damas est cultivée en Bulgarie, en Turquie, en Inde, au Maroc et dans l'ex-Union Soviétique.

C'est un marchand turc qui aurait introduit sa culture dans la province ottomanne à l'est de Roumelia, l'actuelle Bulgarie. Cette plantation est devenue par la suite la plus vaste plantation du monde.

Le rendement des rosiers à l'hectare peut atteindre jusqu'à 3000 kilos de pétales. La floraison se fait en mai et la cueillette se fait au début de la matinée au lever du soleil. Plus tard, en pleine chaleur, on obtient un parfum plus fort mais moins suave.

C'est avec un mélange de rose de mai et de rose de Bulgarie que l'on obtient le parfum le plus suave.
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Originaire de la Chine et de l'Inde, elle a inspiré nombres de poètes et d'artistes et occupe une part importante dans la symbolique de bien des civilisations. De l'Extrême-Orient, sa culture se répandit en Perse, puis chez les Arabes. On a trouvé des traces fossiles de rose dans des terrains qui datent de plus de cinquante millions d'années. On la trouve représentée (Rosa gallica) sur les boucliers perses mille ans avant notre ère. Dans une frise du palais de Darius à Suse, la robe d'un soldat est ornée de ces roses.

Provenant de Perse et du Proche-Orient, ce sont les Romains qui l'ont introduite en Europe. Il y avait déjà une grande variété de roses dans l'Antiquité, depuis les roses très rouges du mont Bermion en Macédoine, jusqu'à celles de Damas, la plus odorante de toutes, en passant par celles de Crète, celles de Rhodes, dite " l'île de la Rose ", et celles de Chypre dont l'huile servit à Aphrodite à embaumer le corps d'Hector. La rose égyptienne était ce que nous appelons la rose pommée, célèbre pour ses nombreux pétales. Théophraste parle de la rose aux cent pétales en 270 avant notre ère.

Les femmes grecques se parfumaient abondamment à l'eau de rose. Les courtisanes, et certaines "honnêtes femmes " dans l'intimité du gynécée, se fardaient les paupières avec de la cendre de pétales de roses brûlées ou du safran à l'aide de spatules. A l'époque des Ptolémées, les femmes égyptiennes de la haute société se faisaient masser le corps avec de l'onguent à la rose. Le bakkaris dont on a perdu la formule exacte était une senteur assez violente de rose et d'iris très à la mode chez elles.

La légende dit que quand Cléopâtre accueillit Marc Antoine dans sa chambre, le sol était jonché d'un tapis de cinquante centimètres de haut de pétales de rose, et que quand elle quittait son amant elle faisait tremper les voiles des navires de sa flotte dans de l'eau de rose et des eaux de senteur pour laisser de délicieuses effluves derrière elle.

" Esclave, apporte des roses, le parfum des roses est doux ", ainsi parle le Néron de Victor Hugo. D'après Sénéque, Néron dormait sur un lit de pétales de roses. Il raffolait des roses et faisait remplir les fontaines d'eau de rose, il se baignait dans du vin de rose et chaque fois qu'il était malade, il prenait des potions à la rose. Il fit un jour remplir les bains publics de vin à la rose et de vin d'absinthe et de myrte. A l'occasion d'un banquet, il avait fait installer des conduits d'argent où ruisselait de l'eau de rose sous les plats pour qu'entre deux plats, les convives puissent s'étourdir de parfums. Le plafond peint représentait les cieux et s'ouvrait pour déverser des pluies de fleurs et des giclées d'eau à la rose et au safran. On prétend que pour un autre banquet resté mémorable, il dépensa l'équivalent de 160 000 dollars et que l'un de ses invités mourut asphyxié sous une averse de pétales.

A Damas et en Perse, on enterrait dans les jardins des pots remplis de boutons de rose que l'on déterrait pour les grandes occasions dans la préparation des festins. Les fleurs s'ouvraient de façon spectaculaire entre les mets présentés. Le palais des rois de Perse, le futur Gûlistan, Jardin des roses de Saadi utilisait toujours la rose à profusion. Cela faisait des lustres que l'on vaporisait en Perse des essences, et les huiles à la rose étaient très en faveur chez les grands depuis des siècles à la table, au bain, au lit. Les femmes se lavaient les cheveux à l'argile pétrie à l'eau de rose. A l'époque des Sassanides, une des processions en l'honneur de Zoroastre commençait par le défilé de deux cents femmes, armées de petits arrosoirs qui inondaient les passantes d'eau de rose.

Les Byzantins ne buvaient pas de vin pur, mais coupé d'eau tiède. Il ajoutaient au vin de la résine pour la conservation, et faisaient un mélange de moût et de pétales de roses, de fenouil ou de céleri.

Au 12e siècle, Saladin faisait laver les murs de la mosquée d'Omar à l'eau de rose, et les Arabes s'en servaient pour parfumer de nombreux mets, sucreries, sorbets, pâtes ou loukhoums... mais aussi plats salés. Dès leur arrivée, en guise d'hospitalité, les invités étaient aspergés d'une pluie d'eau de rose contenue dans un gûlabdam, un vase à col long et étroit, en verre, en poecelaine, en argent ou en or finement ciselé. Dans les harems, les femmes se recevaient entre elles et les eunuques jonchaient le sol de tapis de pétales de rose ou de jasmin.

Les roses rouges de Damas et d'Alexandrie étaient très réputées. Trois centres furent très tôt renommés pour leur production d'eau de rose: Farsitar situé dans le sud de l'Iran qui en livrait rien qu'au calife de Bagdad trente mille bouteilles par an, Ab- munazzah en Syrie et Gûr ( aujourd'hui Firuzâbad), célèbre pour son eau de rose aux cent pétales exportée dans le monde entier ainsi que pour ses eaux de fleurs d'oranger.

La rose était déjà utilisée dès l'Antiquité à des fins médicinales. Notamment par Hippocrate qui avait mis au point un remède pour soigner les infections féminines à base d'huile de rose, de cantharides, d'encens et de myrrhe. Anacréon qui disait que "Sous le sein est placé le coeur et le parfum y porte le calme par ses agréables émanations", vante les vertus de la rose:

La rose sait guérir plus d'une maladie
Elle embaume les morts, elle résiste au temps.
Elle ne vieillit pas et sa feuille jaunie
Conserve en son hiver l'odeur de son printemps.
.

La rose de Provins, introduite en Europe comme la rose de Damas par les Croisés, avait de nombreuses utilisations culinaires, aromatiques et médicales. Les pétales séchés de la rose de Provins, qui gardent leur parfum beaucoup plus longtemps que ceux des autres roses, étaient vendus par les apothicaires et épiciers. Ils avaient la réputation d'être antidiarrhéiques, antihémorragiques, astringents, résolutifs, vulnéraires, toniques. La rose de Damas avait elle aussi la réputation de remède universel.

On savait que selon Avicenne, la rose augmente la vivacité d'esprit et la puissance intellectuelle et apaise les états dépressifs. Sainte Hildegarde de Bingen voyait dans les bouffées de colère incontrôlée, comme dans les états dépressifs, les accès de goutte, les attaques de rhumatisme, un effet des dérèglements éventuels de la bile noire et pensait qu'on pouvait les calmer par le spectacle d'une chose belle et qui de plus dégage une douce odeur comme la rose qui agira d'autant mieux qu'on y ajoute de la sauge aux vertus apaisantes. Elle donne aussi cette recette: "  Prendre de la rose et à peine moins de sauge, réduire en poudre et au moment où la colère jaillit en soi, présenter cette poudre devant la narine. En effet la sauge apaise et la rose réjouit. "

Arnaud de Villeneuve dans son Regimen sanitatis donne la recette suivante contre les hémorroïdes: " Faites bouillir dans de l'eau un sachet composé de 3 parties de feuilles de rose er de 4 de feuilles de myrtille; exprimez-le et que le malade y reste longtemps assis dessus, matin et soir." L'idée d'utiliser la rose contre les hémorroïdes n'était pas vraiment une nouveauté puisqu'un texte retrouvé sur les tablettes de Gilgamesh donnait déjà la recette d'une sorte de suppositoire composé de pétales de roses broyés et de thérebenthine à introduire après avoir "graissé avec huile cyprès".

Les médecins arabes avaient mis au point la conserve de roses ou djelendjoubin, considéré par Avicenne comme remède contre la phtisie, et adopté par les médecins européens du Moyen âge et de la Renaissance. Thibault Lespleigny, apothicaire à Tours en donne la recette en 1538 dans son deuxième formulaire de pharmacopée le Dispensarium medicinarium qui est considéré par certains comme l' ancêtre du Codex. Le docteur Roques recommandait encore cette conserve de Roses au siècle dernier.

Quand en 1675, le roi Louis XIV souffrit d'une douleur à la jambe, selon son journal de santé, le médecin lui administra " un sachet fait de son et de roses de Provins bouilli dans du gros vin. " A l'époque de Napoléon, les médecins-majors des armées impériales se déplaçaient à Provins pour s'approvisionner en pétales séchés qu'ils utilisaient pour soigner les entérites, la dyspepsie, les maux de gorge, les maladies de peau, les inflammations des yeux, et pour donner du tonus aux soldats fatigués et "débilités".

Mais la rose avait bien d'autres utilisations plus agréables. Les Croisés rapportèrent le goût des parfums d'Orient, l'eau de rose et le " Chypre rouge ", mélange de résine et d'huiles parfumées à la rose de Damas, au bois de santal, à l'aloès, à la girofle, au musc, à l'ambre gris et à la civette qui connut un grand succès.

Au 16e siècle, Ronsard écrit:

Versons ces roses en ce vin
En ce bon vin versons ces roses
Et buvons l'un à l'autre, afin
Qu'au coeur de nos tristesses encloses
Prennent en buvant quelque fin .
"

Même si Montaigne prétend que " la plus exquise senteur d'une femme, c'est de ne rien sentir ", il reconnaît malgré tout qu'il aimait "bien fort être entrenu de bonnes senteurs et haïssait outre mesure les mauvaises", et l'époque a été celle d'une véritable débauche de parfums. Et cela d'autant plus que l'on avait peur des bains déconseillés par les médecins et incriminés comme facteurs de contagion, et qu' on ne se lavait guère. A l'époque, se laver voulait dire simplement se faire verser de l'eau sur certaines parties du corps, généralement le visage et les mains. Quand il s'agissait de se laver à grande eau et avec du savon, comme nous l'entendons aujourd'hui, on disait " décrasser ". Montaigne a raison de " tenir pour suspects ceux qui se servent des bonnes odeurs étrangères pour couvrir quelque défaut de ce côté-là." Les senteurs servaint à cacher la saleté, couvrir les mauvaises odeurs et tenaient lieu d'hygiène. D'après Alexis le Piémontois, dit Girolamo Ruscelli, auteur de Les secrets du Seigneur publié en 1573, pour leurs organes génitaux, les femmes faisaient des fumigations à l'aide d'une cassolette où elles faisaient brûler girofle, cannelle, écorces d'orange et de citron, le tout mélangé à de l'eau de rose. Dans son utopique manoir de Thélème, Rabelais imaginait des parfumeurs passant chaque matin dans les chambres des dames pour leur apporter de l'eau de rose, de l'eau d'ange ou de fleur d'oranger ainsi que ces cassolettes vaporantes de drogues aromatiques.

Le destin de Grasse, ville déjà réputée pour ses tanneries, prit tournure au 16e siècle quand elle étendit son activité à la tannerie fine et à l'usage des essences avec la mode des peaux, gants parfumés, ceintures, pourpoints, des sachets de senteur et des poudres et eaux aromatiques employées aussi bien pour la santé que pour la beauté. C'est avec les gants parfumés que Grasse devînt le berceau des Gantiers-parfumeurs. Ils faisaient des gants en peau d'Espagne: peau de chamois trempée dans de l'eau de rose, parfumée au santal, à la verveine, à la lavande, la cannelle ou le girofle, ou les deux à la fois. Mais ce n'est pas tout. La peau était ensuite enduite et malaxée avec du musc, de la civette ou de l'ambre. Au début du siècle, on cultivait encore 45 000 kilos de rose par jour à Grasse.

En Angleterre, la reine Elisabeth 1er (1558-1603) avait été gagnée par la passion des senteurs florales après avoir reçu en cadeau du comte d'Oxford un manteau, des gants parfumés et divers articles odorants ramenés d'un voyage en Italie. Elle fit partager son enthousiasme et l'on vit bientôt apparaître les " still-rooms " ou de grandes dames procédaient elles-mêmes à la distillation d'essences florales, la confection de pommes de senteurs, de coussins et d'oreillers odorants, de sachets pour le linge de maison... La mode des pommes d'ambre ou pommandres qu'on respirait de temps en temps pour se protéger de la peste a duré très longtemps, et la reine Elisabeth en possédait. Rimmel cite une recette de l'époque: "  Prenez du terreau fin nettoyé trempé sept jours dans de l'eau de rose, puis du labdanum, du benjoin, des deux storax, de l'ambre, de la civette et du musc et incorporez-les ensemble et faites-en des boules, et avec cela, si vous n'avez pas l'haleine trop forte, vous sentirez aussi bon que le petit chien d'une dame. " Henri III allait jusqu'à faire laver à ses bilboquets et ses perroquets dans des eaux de senteur et la légende dit que le marquis del Vasto aromatisait jusqu'aux selles de ses chevaux. Le Louvre était jonché de fleurs et les tentures inondées d'eaux de senteur avec des arrosoirs. Toutes les cours européennes connurent la même frénésie.

En France, à l'époque de Louis XIV, les grands de ce monde s'inondaient de senteurs florales, versaient de l'eau de rose contenue dans des aiguières sur les mains de leurs convives et ils faisaient parfumer les plats de flagrances florales d'eau de rose, de fleur d'oranger, de violette, toutes très à la mode.

En Angleterre l'engouement pour les hydrolats et les essences de fleurs atteignit de telles proportions qu'en 1770, le Parlement fit promulguer une loi selon laquelle toutes les femmes qui auront " abusé, séduit et conduit au mariage l'un des sujets de sa majesté au moyen d'eaux de senteur, de fards ou de cosmétiques, de tournures, haut talons et corsets, tomberont sous le coup de la loi qui punit les sorcières et les femmes de mauvaise vie: leur mariage sera déclaré nul et non avenu.

Joséphine et madame Tallien, connue par ailleurs pour ses bains de fraises et de framboises cueillies à la rosée, se fournissaient en crème de rose et en savon des Sultanes au Faubourg Saint-Honoré chez Houbigant, un des plus vieux parfumeurs de Paris à l'enseigne de " La corbeille de fleurs " (1775)

Même pendant les campagnes Napoléoniennes, les capitaines britanniques continuèrent à envoyer des roses destinées aux jardins de Malmaison. Les coursiers, des britanniques, nos " ennemis jurés ", étaient munis de laissez-passer. Joséphine était une passionnée et faisait cultiver 250 variétés de roses et Napoléon, même en campagne prenait le temps de choisir des lotions parfumées à la rose ou à la violette. Il avait lui la passion des parfums et s'inondait d'eau de Cologne. En 1810, il passa commande de 126 bouteilles à Chardin.

Au 19e siècle, " L'Eau de Chypre " a connu un immense succès et il avait dans les années 80 la réputation d'être le parfum le plus tenace au monde. C'était un extrait alcoolique de musc, d'ambre, de vanille, de fève tonka et d'iris dans de l'esprit de rose.


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Le Diable et le Bon Dieu:
Lorsque Dieu créa le genêt et la rose, le Diable fit l'ajonc et l'églantier ou " rosier du diable ". Quand Dieu fit la vigne, le Diable fit la ronce.

Enfantement:
Manger des pétales de rose embellit, enceinte ou non. La rose rouge favorise la fécondation et protège la femme au cours de sa grossesse si elle porte sur elle un petit sachet de soie rouge rempli de pétales de rose rouge. On pouvait enterrer le cordon ombilical, ou le placenta d'un nouveau-né sous un rosier pour qu'il ait une belle voix et pour s'assurer de la couleur de son teint qui ne devait pas être trop pâle. Si on enterrait le cordon au pied d'un rosier blanc, c'est que l'on espérait que l'enfant aurait le teint mat, si c'était au pied d'un rosier rouge, des joues colorées, et si c'était au pied d'un rosier rose de jolies couleurs. On portait aux baptêmes des vases pleins d'eau de rose.

Présages:
Selon une vieille croyance, si on suspend dans la chambre d'un malade un morceau de tissu blanc imbibé d'eau de rose et que les araignées l'évitent, c'est que la guérison est certaine. Les pétales séchés peuvent servir aux voeux de guérison.

Plus on fait de bruit en claquant entre ses doigts des pétales de rose, plus on est aimé et plus on a de chances de succès dans la réalisation d'un voeu.

Magie:
Selon Albert le Grand la rose "porte une fleur qui est fort connue. Prenez-en un grain, avec un grain de moutarde et le pied d'une belette; pendez-les à un arbre, il est sûr qu'il deviendra stérile et ne portera jamais de fruits. Que si l'on met ce composé dans des filets, tous les poissons y viendront; ou bien, si on jette cette composition au pied d'un chou sec et mort, il reverdira, l'espace d'un demi-jour après. De plus, si on la met dans une lampe allumée, tous ceux qui seront présents sembleront être des diables. Que si l'on mêle cette poudre avec de l'huile d'olive et du soufre vif, et qu'on en frotte une maison pendant que le soleil luit, il semblera qu'elle soit tout en feu."

D' après le Picatrix, traité de magie attribué à al- Maljini et dont les premières traductions en français remontent au 14e siècle, il était conseillé de mettre de la poudre de rose en grande quantité sur une lampe, pour que tous le monde présent dans la pièce soit "noir comme Satan".


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Pétales:
Pour la cuisine, il faut débarrasser les pétales de leur talon blanc qui est amer, avant toute utilisation.

Les fleurs d'un beau rouge violacé de la rose de Provins entrent dans la composition des pots-pourris.

Eau et essence:
C'est l'une des plus parfumées, la Rose de Damas, dite aussi " rose de tous les mois " à cause de sa floraison durable qui embaume les jardins, qui sert essentiellement à la fabrication d'eau et d'essence de rose et entre dans la composition de produits cosmétiques comme tonique et astringent. De nos jours, elle n'est plus utilisée en pharmacie, sinon pour son arôme.

L'essence de rose de mai est de couleur jaune d'or, elle exhale une odeur miellée et épicée moins prononcée que la rose de Damas de couleur jaune orangé.

L'eau de rose n'est qu'un produit dérivé de la distillation à la vapeur d'eau obtenu au cours de la fabrication d'essence.


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Moyen-Orient:
C'est l'eau de rose de Damas (Rosa damascena) de couleur rose qui fait du sorbet iranien, fait d'eau et de sucre un dessert délectable. Elle sert également à parfumer le rahat-loukoum et nombre de pâtisseries orientales. Mais elle est également employée en cuisine salée.

Afrique du Nord:
Dans le ras-el-hanout, ce sont les boutons, rous el ward en arabe marocain, et les pétales séchés pulvérisés de la rose chachiouard (rose crépue) ou rosa centifolia appelée en France rose de mai, rose à cent feuilles et en Grèce moderne triandaphyllon, c'est-à-dire" trente pétales " qui jouent le rôle d'épice.

Asie:
Les Indiens utilisent également l'eau de rose pour la pâtisserie, mais aussi pour aromatiser délicatement les pulao ou byriani de la cuisine moghole des grands jours.

Europe:
Vous pouvez utiliser les pétales de roses dans des salades, des tartes, en sirop, confits, en sorbets, en bonbons, ou dans du vinaigre (pétales et boutons). Sans oublier la fameuse confiture de rose !

Pour faire de la gelée à la rose, vous pouvez utiliser un mélange de rose centifolia, pâle et très parfumée, pour le parfum, et de rose de Provins, rouge et astringente, pour la couleur.


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Eau de rose:
L'eau de rose est tonique, astringente, antiseptique et adoucissante pour les peaux sèches ou irritées, vulnéraire. Elle est anesthésiante en compresses pour dissiper les maux de tête et la fatigue oculaire et pour les inflammations des yeux. Elle était utilisée en gargarismes contre les aphtes, les angines, les enrouements, les maux de gorge, pour l'hygiène buccale et de la gorge, et en injection contre la leucorrhée.

Huile essentielle:
L'huile essentielle de la rose rouge, Rosa gallica, est une des moins toxiques des huiles essentielles. Elle est astringente, antiseptique, relaxante et elle a un effet antidépresseur. En massage, elle soulagerait les troubles prémenstruels, et selon les Chinois... la gueule de bois! En usage interne elle est antihémorragique.

Infusion:
Traditionnellement l'infusion de pétales de rose pâle, centifolia, servait à traiter les diarrhées légères. Les Bulgares, comme les Chinois utilisent l'infusion de pétales de rose contre la paresse hépatique.


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Tradition antique:
La rose est consacrée à la fois à Aphrodite, déesse de l'Amour et à Athéna, déesse de la Sagesse, qui est née à Rhodes, l'île des roses, ce qui suggère les mystères de l'initiation.

C'est un symbole de régénération, c'est pourquoi on mettait des roses sur les tombes et qu'on offrait des roses aux âmes des défunts tous les ans au mois de mai lors du jour de Rosalia. Hécate, déesse des Enfers est représentée avec une guirlande de roses à cinq feuilles, le cinq étant le signe de la vie manifestée au terme de l'évolution biologique et spirituelle.

L'âne d'Apulée retrouve sa forme humaine en mangeant une couronnes de roses rouges offertes par le grand prêtre d'Isis.

Tradition chrétienne:
Elle symbolise la coupe de vie, l'âme, l'amour. La rose figure les plaies du Christ ou la coupe qui a recueilli son sang, ou la transfiguration des gouttes de son sang. Elle est le symbole de l'immortalité et de la résurrection, et par rapport avec le sang répandu, celui de la renaissance mystique.

Proche du symbole de la roue, elle est à l'origine de la rosace gothique, à qui on prête sept pétales comme les sept jours de la création.

Les Rose-Croix, illuminés allemands du 17e siècle ont un symbole qui évoque soit le Graal, soit la rosée céleste de la Rédemption. Ils placent une rose au centre de la croix, à l'emplacement du coeur du Christ, du Sacré-Coeur, et quatre autres roses placées sur chacune des branches de la croix.

La rose blanche est la rose mystique des litanies chrétiennes associée à la Vierge Marie. A l'origine les rosaires étaient fait de 165 pétales de rose séchés soigneusement roulés et passés au noir de fumée pour les préserver, ce qui leur donnait une couleur sombre.

Ghyka Matila auteur du livre en deux volumes Le Nombre d'or voit dans la rose un symbole de l'amour pur, de l'amour paradisiaque, du don de soi: "  La rose comme fleur d'amour remplace le lotus égyptien et le narcisse grec; ce ne sont pas les roses frivoles de Catulle... mais les roses celtiques, vivaces et fières, non dépourvues d'épines et lourdes d'un doux symbolisme: celle du Roman de la Rose dont Guillaume Lorris et Jean de Meung font le mystérieux tabernacle du Jardin d'Amour de la Chevalerie, rosa mystica des litanies de la Vierge, roses d'or que les Papes donneront aux princesses méritantes, enfin l'immense fleur symbolique que Béatrice montre à son amant fidèle parvenu au dernier cercle du paradis, rose et rosace à la fois. " Dante écrit dans le Paradis de la Divine Comédie: " Au centre d'or de la rose éternelle, qui se dilate et va de degré en degré, et qui exhale un parfum de louange au soleil toujours printanier, Béatrice m'attira... "

Alchimie:
La rose est la fleur par excellence des alchimistes, la rose blanche étant associée au " petit-oeuvre " et la rouge au " grand oeuvre ". Leurs traités s'intitulent souvent rosiers des philosophes. La plupart de ces roses possède sept pétales dont chacun est lié à un métal ou une opération de l'oeuvre. La rose bleue serait l'emblème de l'impossible.

Tradition islamique:
Dans la tradition arabe, la rose est née des rognures d'ongles ou de la sueur de Mahomet. Pour les mystiques musulmans, la rose par sa beauté, par sa perfection la rose est un support de méditation, un centre mystique. Le Jardin des Roses est celui de la contemplation. " J'irai cueillir les roses du jardin, mais le parfum du rosier m'a enivré ", écrit un Saadi de Chiraz. Le mystique Abd Ul Kadir Gilani compare les roses à des cicatrices.

Le mystique Younnous Emré dit au 13e siècle que la rose soupire " Allah, Allah ", à chaque fois qu'on la respire. Dans un poème perse, la rose s'écrit: " Mon corps entier est âme, je suis complètement esprit."

Dans les Nuits arabes, la chanson de la rose dit en empruntant ses mots au procédé de distillation:

Je porte ma beauté sur une touche de rosée de cristal,
on me dépêche du verre à un autre cristal,
mon corps se change en eau, mon coeur est brûlant,
mes larmes sont rassemblées,
et ma chair est déchirée,
je sens la passion du feu, ma chair est éparpillée,
mon esprit se déploie en vapeur.


Tradition antique:
La rose est consacrée à la fois à Aphrodite, déesse de l'Amour et à Athéna, déesse de la Sagesse, qui est née à Rhodes, l'île des roses, ce qui suggère les mystères de l'initiation.

C'est un symbole de régénération, c'est pourquoi on mettait des roses sur les tombes et qu'on offrait des roses aux âmes des défunts tous les ans au mois de mai lors du jour de Rosalia. Hécate, déesse des Enfers est représentée avec une guirlande de roses à cinq feuilles, le cinq étant le signe de la vie manifestée au terme de l'évolution biologique et spirituelle.

L'âne d'Apulée retrouve sa forme humaine en mangeant une couronnes de roses rouges offertes par le grand prêtre d'Isis.

Tradition chrétienne:
Elle symbolise la coupe de vie, l'âme, l'amour. La rose figure les plaies du Christ ou la coupe qui a recueilli son sang, ou la transfiguration des gouttes de son sang. Elle est le symbole de l'immortalité et de la résurrection, et par rapport avec le sang répandu, celui de la renaissance mystique.

Proche du symbole de la roue, elle est à l'origine de la rosace gothique, à qui on prête sept pétales comme les sept jours de la création.

Les Rose-Croix, illuminés allemands du 17e siècle ont un symbole qui évoque soit le Graal, soit la rosée céleste de la Rédemption. Ils placent une rose au centre de la croix, à l'emplacement du coeur du Christ, du Sacré-Coeur, et quatre autres roses placées sur chacune des branches de la croix.

La rose blanche est la rose mystique des litanies chrétiennes associée à la Vierge Marie. A l'origine les rosaires étaient fait de 165 pétales de rose séchés soigneusement roulés et passés au noir de fumée pour les préserver, ce qui leur donnait une couleur sombre.

Ghyka Matila auteur du livre en deux volumes Le Nombre d'or voit dans la rose un symbole de l'amour pur, de l'amour paradisiaque, du don de soi: "  La rose comme fleur d'amour remplace le lotus égyptien et le narcisse grec; ce ne sont pas les roses frivoles de Catulle... mais les roses celtiques, vivaces et fières, non dépourvues d'épines et lourdes d'un doux symbolisme: celle du Roman de la Rose dont Guillaume Lorris et Jean de Meung font le mystérieux tabernacle du Jardin d'Amour de la Chevalerie, rosa mystica des litanies de la Vierge, roses d'or que les Papes donneront aux princesses méritantes, enfin l'immense fleur symbolique que Béatrice montre à son amant fidèle parvenu au dernier cercle du paradis, rose et rosace à la fois. " Dante écrit dans le Paradis de la Divine Comédie: " Au centre d'or de la rose éternelle, qui se dilate et va de degré en degré, et qui exhale un parfum de louange au soleil toujours printanier, Béatrice m'attira... "

Alchimie:
La rose est la fleur par excellence des alchimistes, la rose blanche étant associée au " petit-oeuvre " et la rouge au " grand oeuvre ". Leurs traités s'intitulent souvent rosiers des philosophes. La plupart de ces roses possède sept pétales dont chacun est lié à un métal ou une opération de l'oeuvre. La rose bleue serait l'emblème de l'impossible.

Tradition islamique:
Dans la tradition arabe, la rose est née des rognures d'ongles ou de la sueur de Mahomet. Pour les mystiques musulmans, la rose par sa beauté, par sa perfection la rose est un support de méditation, un centre mystique. Le Jardin des Roses est celui de la contemplation. " J'irai cueillir les roses du jardin, mais le parfum du rosier m'a enivré ", écrit un Saadi de Chiraz. Le mystique Abd Ul Kadir Gilani compare les roses à des cicatrices.

Le mystique Younnous Emré dit au 13e siècle que la rose soupire " Allah, Allah ", à chaque fois qu'on la respire. Dans un poème perse, la rose s'écrit: " Mon corps entier est âme, je suis complètement esprit."

Dans les Nuits arabes, la chanson de la rose dit en empruntant ses mots au procédé de distillation:

Je porte ma beauté sur une touche de rosée de cristal,
on me dépêche du verre à un autre cristal,
mon corps se change en eau, mon coeur est brûlant,
mes larmes sont rassemblées,
et ma chair est déchirée,
je sens la passion du feu, ma chair est éparpillée,
mon esprit se déploie en vapeur.



Tradition antique:
La rose est consacrée à la fois à Aphrodite, déesse de l'Amour et à Athéna, déesse de la Sagesse, qui est née à Rhodes, l'île des roses, ce qui suggère les mystères de l'initiation.

C'est un symbole de régénération, c'est pourquoi on mettait des roses sur les tombes et qu'on offrait des roses aux âmes des défunts tous les ans au mois de mai lors du jour de Rosalia. Hécate, déesse des Enfers est représentée avec une guirlande de roses à cinq feuilles, le cinq étant le signe de la vie manifestée au terme de l'évolution biologique et spirituelle.

L'âne d'Apulée retrouve sa forme humaine en mangeant une couronnes de roses rouges offertes par le grand prêtre d'Isis.

Tradition chrétienne:
Elle symbolise la coupe de vie, l'âme, l'amour. La rose figure les plaies du Christ ou la coupe qui a recueilli son sang, ou la transfiguration des gouttes de son sang. Elle est le symbole de l'immortalité et de la résurrection, et par rapport avec le sang répandu, celui de la renaissance mystique.

Proche du symbole de la roue, elle est à l'origine de la rosace gothique, à qui on prête sept pétales comme les sept jours de la création.

Les Rose-Croix, illuminés allemands du 17e siècle ont un symbole qui évoque soit le Graal, soit la rosée céleste de la Rédemption. Ils placent une rose au centre de la croix, à l'emplacement du coeur du Christ, du Sacré-Coeur, et quatre autres roses placées sur chacune des branches de la croix.

La rose blanche est la rose mystique des litanies chrétiennes associée à la Vierge Marie. A l'origine les rosaires étaient fait de 165 pétales de rose séchés soigneusement roulés et passés au noir de fumée pour les préserver, ce qui leur donnait une couleur sombre.

Ghyka Matila auteur du livre en deux volumes Le Nombre d'or voit dans la rose un symbole de l'amour pur, de l'amour paradisiaque, du don de soi: "  La rose comme fleur d'amour remplace le lotus égyptien et le narcisse grec; ce ne sont pas les roses frivoles de Catulle... mais les roses celtiques, vivaces et fières, non dépourvues d'épines et lourdes d'un doux symbolisme: celle du Roman de la Rose dont Guillaume Lorris et Jean de Meung font le mystérieux tabernacle du Jardin d'Amour de la Chevalerie, rosa mystica des litanies de la Vierge, roses d'or que les Papes donneront aux princesses méritantes, enfin l'immense fleur symbolique que Béatrice montre à son amant fidèle parvenu au dernier cercle du paradis, rose et rosace à la fois. " Dante écrit dans le Paradis de la Divine Comédie: " Au centre d'or de la rose éternelle, qui se dilate et va de degré en degré, et qui exhale un parfum de louange au soleil toujours printanier, Béatrice m'attira... "

Alchimie:
La rose est la fleur par excellence des alchimistes, la rose blanche étant associée au " petit-oeuvre " et la rouge au " grand oeuvre ". Leurs traités s'intitulent souvent rosiers des philosophes. La plupart de ces roses possède sept pétales dont chacun est lié à un métal ou une opération de l'oeuvre. La rose bleue serait l'emblème de l'impossible.

Tradition islamique:
Dans la tradition arabe, la rose est née des rognures d'ongles ou de la sueur de Mahomet. Pour les mystiques musulmans, la rose par sa beauté, par sa perfection la rose est un support de méditation, un centre mystique. Le Jardin des Roses est celui de la contemplation. " J'irai cueillir les roses du jardin, mais le parfum du rosier m'a enivré ", écrit un Saadi de Chiraz. Le mystique Abd Ul Kadir Gilani compare les roses à des cicatrices.

Le mystique Younnous Emré dit au 13e siècle que la rose soupire " Allah, Allah ", à chaque fois qu'on la respire. Dans un poème perse, la rose s'écrit: " Mon corps entier est âme, je suis complètement esprit."

Dans les Nuits arabes, la chanson de la rose dit en empruntant ses mots au procédé de distillation:

Je porte ma beauté sur une touche de rosée de cristal,
on me dépêche du verre à un autre cristal,
mon corps se change en eau, mon coeur est brûlant,
mes larmes sont rassemblées,
et ma chair est déchirée,
je sens la passion du feu, ma chair est éparpillée,
mon esprit se déploie en vapeur.


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