(Calendula officinalis; Angl: marigold. All: ringelblume)

Originaire d'Egypte, le souci, de la famille des Fabiacées, ex-Composées, est une des fleurs les plus courantes de nos jardins où il est cultivé depuis le 12e siècle. A côté du souci des champs, sauvage, il en existe de nombreuses variétés horticoles simples ou pleines, à fleurs jaunes ou orange vif. C'est une annuelle, qui si le temps est doux, continue à fleurir tout l'hiver. Ses floraisons très prolongées lui ont valu d'être toujours en fleurs pour les premiers jours de chaque mois. Or mois se dit calendulae en latin, ce qui explique son nom botanique latin, ainsi que ses noms vulgaires, tels que " fleur de tous les mois ", " fleur de calendule ".

Les Anciens appelaient la fleur " l'épouse du soleil ", car elle ouvre et se ferme en fonction de la course de l'astre solaire.


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Considéré comme une herbe de jouvence en Ancienne Egypte, le souci est connu depuis des millénaires pour ses usages culinaires, cosmétiques et médicaux. Il servait à guérir les ulcères et les blessures.

Sainte Hildegarde recommande au 12e siècle les infusions de pétales de souci contre l'impetigo du cuir chevelu et les croûtes de lait. Les médecins l'utilisaient aussi pour soulager les douleurs dues aux brûlures et comme préventif et curatif contre les engelures, comme cicatrisant.

Les coquettes utilisent depuis longtemps le souci, adoucissant, antiseptique et cicatrisant dans la composition de lotions, masques et toniques pour leur visage et de tisanes pour embellir leur teint. Elles savent aussi qu'il blondit les cheveux.

La cosmétique moderne confirme l'intérêt du souci qui aide l'organisme à utiliser la vitamine A, très bonne pour la peau. Les fleurs contiennent un glucoside (calenduline), du carotène, un phytostérol, une saponine et de l'acide salicylique. L'huile de souci calme les coups de soleil. On trouve du souci dans des shampooings et toute une gamme de produits de beauté dont tout une ligne de soins et d'hygiène pour bébés vendue en pharmacie et grandes surfaces.

Le souci a d'intéressantes propriétés thérapeutiques: c'est le très prisé calendula de l'homéopathie, " l'antiseptique homéopatique " utilisé en usage interne et externe. D'après le docteur Cazin , " si les Anciens ont trop exagéré les vertus du souci, les Modernes les ont trop dépréciées ". Mais est-ce bien exact si l'on ajoute qu'on a été jusqu'à lui attribuer un moment une action anti-cancéreuse non fondée.

Dans le Livre excellent de cuysine de 1555, figure un mélange de fines herbes où le souci tient une bonne place: " Prends persil effeuillé deux poignées marjolaine effeuillée deux poignées et demye saulge demye poignée ysope autant sariette autant sarpollet. Une poinnée soulcy une poignée. Et quant cest pour faire farce aulcuns y mettent soulcye et un peu de Baselicque. Elles servent à tous potaiges et les fault faire sécher environ la seinct Jehan baptiste. "

Dans l'ouvrage de Vincent La Chapelle paru en anglais en 1733, sous le titre The modern cook qui sera publié deux ans plus tard en français sous le nom le Cuisinier moderne figurent beaucoup de recettes empruntées à Massialot. mais dans la dernière édition révisée de 1742 en cinq volumes, figurent de nombreuses nouvelles recettes de son cru, ainsi que des recettes étrangères, notamment hollandaises et anglaises, puis italiennes pour les pâtes. Ce grand voyageur ouvert à d'autres traditions gastronomiques et à toutes les saveurs nouvelles est certes un grand chef auquel Carême se référera souvent, mais il est nul en orhographe et en traduction. Sous sa plume le mot anglais " marigold ", qui signifie souci et revient à plusieurs reprises dans la liste des ingrédients dans les recettes d'origine anglaise, est traduit en français par "marygools" de même que les macaronis italiens deviennent des " macarollis ". On imagine la perplexité de ses lecteurs désireux de se mettre illico aux fourneaux!

Autrefois on utilisait le souci pour colorer le beurre et les fromages, les puddings et parfois pour frauder le safran.
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Charme d'amour ou signe de trahison ?
Au Moyen âge le souci était un emblème de l'amour, et les jeunes femmes gardaient jalousement leurs petits secrets sur la meilleure façon d'utiliser le souci pour attirer leur bien-aimé dans leurs filets et le retenir. Ainsi dans les Balkans, on prenait de la terre qu'avait foulé l'homme de ses désirs, on la mettait dans un pot et on y cultivait amoureusement un souci. Or, on le sait, le souci a la particularité de faner très lentement.

Mais il y a ambivalence. Sans doute en raison de sa couleur jaune, le souci est parfois associé à l'adultère et est devenu l'emblème du mari trompé. La tradition chrétienne a dévalorisé le jaune, associé à l'or et au soleil, et en a fait l'image de la fausseté, de la trahison et l'a associé au soufre et à Lucifer qui rompit les liens de l'amour sacré. Comme le fait remarquer Jean Chevalier dans Le Dictionnaire des symboles, on peut s'étonner " que le langage commun a fini par renverser le symbole, attribuant la couleur jaune au trompé, alors qu'elle revient originellement au trompeur. " Dans la Vienne, on disait que " celui qui aime ou mani le souci sera cocu " et dans le Maine et Loire si une femme qui tient à la main un souci laisse tomber un pétale, c'est " qu'elle a attrapé une maladie honteuse avec un autre homme que son mari. "

Bons et mauvais présages
La croyance voulait que rêver de souci soit un bon présage, et que contempler des soucis chasse les humeurs malfaisantes. et fortifie la vue. Mettre du souci sous son lit, c'est s'assurer une protection et avoir l'espoir que vos rêves deviendront réalité.

Par contre, si les soucis ne fleurissent pas dans un jardin, c'est très mauvais signe, cela signifie que quelqu'un de la maison va mourir.

Talisman
Prendre un bain avec des soucis a pour effet d'engendrer la sympathie, de susciter l'admiration et même le respect chez toute personne que l'on rencontre. Porter un souci dans sa poche quand on doit aller régler un litige au tribunal pour une affaire pénale est censé susciter la clémence des juges.

Météo:
Le souci est très sensible à l'hygrométrie. Si la fleur est fermée le matin, ne partez pas sans parapluie, mais si elle est ouverte vous n'en aurez pas besoin! De nombreuses plantes réagissent à l'humidité de l'air et à la lumière et nous permettent de faire des prévisions à courte échéance. Ainsi ouvrez vos parapluies, et berger rentre des blancs moutons, si le liseron sauvage ferme pudiquement sa corolle, si les fleurs de pimprenelle et de pissenlit se referment peureusement, si le trèfle redresse sa tige, si le chardon et les pommes de pin tirent craintivement leurs volets, en l'occurence leurs écailles, ou si la laitue s'épanouit.
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Pétales:
Ce sont les pétales que l'on utilise, le reste de la plante est trop âcre. Les pétales de souci ont un arôme discret, et une légère amertume. Il faut leur éviter l'ébullition. On les emploie frais ou séchés. Pour les faire sécher, on étale les fleurs sur des plateaux et on ne sépare les pétales du coussin central qu'après séchage. Ils étaient jadis très utilisés pour colorer les beurres et fromages, aromatiser les soupes et ragoûts.

Attention!
  • Les étamines de souci concassées, parfois mélangées à du curcuma sont parfois vendues en petites boîtes, des dosettes, pour remplacer le safran, beaucoup plus cher.

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C'est sans doute la survivance d'une vieille tradition, mais les Britanniques utilisent encore des fleurs de souci pour parfumer les viandes, les soupes et sauces, et même le pain dans les îles anglo-normandes. A Jersey, des pétales de souci décorent la soupe au congre, flowered conger soup, variante de la chaudrée continentale, relevée d'un bouquet garni, d'échalotes, de feuilles de bourrache, agrémentée d'un coeur de petit chou vert finement émincé et de petits pois nouveaux.

De nombreuses fleurs sont comestibles et décoreront très joliment vos salades de printemps et d'été. Pour le goût comme pour les couleurs les meilleures sont le souci, la capucine, la bourrache, la violette, le pavot, la pensée et le périlla aux fleurs blanches. Les fleurs de souci apportent leur couleur jaune ou orange éclatante et leur arôme délicat au riz, aux soupes de poisson, aux fromages frais, à des omelettes, aux cakes et biscuits, à des pâtisseries. On peut en décorer des plats de viandes froides, des pâtés, des salades de fruits.


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Le souci est choléritique, adoucissant, antiseptique et c'est un bon cicatrisant. Sa qualité de vulnéraire est connue depuis l'Antiquité. En usage interne, il est utilisé en teinture ou en extrait comme l'arnica dont il possède les propriétés.

Pommade:
Moins utilisée que jadis, elle aide à soigner les plaies, contusions, ulcères tenaces, dartres, verrues, abcès, furoncles, exzéma, acné, cors, durillons, varices et engelures, crevasses, brûlures, pqûres d'insecte . Le souci a une action proche de celle de l'hamamélis de Virginie.

Huile essentielle:
L'huile de souci calme les coups de soleil.

Infusion:
En infusion, le souci est digestif, il active la sécrétion biliaire, et régularise les menstruations difficiles et douloureuses. En bain de bouche, il soulage après l'extraction de dents.

Calendula:
Le calendula des homéopathes en teinture-mère est anti-inflammatoire, antiseptique, vulnéraire, émollient, dépuratif, emménagogue et antispasmodique.

Beauté:
Vous pouvez ajouter à l'eau du bain des pétales de souci ou des infusions de souci, si cela ne vous rend pas irrésistible comme le prétend la tradition populaire, vous aurez au moins la peau douce, c'est déjà ça!. Beaucoup de recettes de grand-mère ont recours au souci dans la composition de lotions, masques et toniques pour le visage et de tisanes pour embellir le teint, atténuer la couperose. La cosmétique moderne confirme l'intérêt du souci qui aide l'organisme à utiliser la vitamine A, très bonne pour la peau, et en fait emploi dans des crèmes, des laits à démaquiller. De même on trouve dans le commerce beaucoup de shampooings au souci car il donne lustre et vitalité et est particulièrement bon pour les cheveux gras.


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